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Une ville, une histoire La retraite

7 novembre 2012

Abdenour Fayçal


Attente - Il était sûr que le jour «J» la direction se souviendra de ses efforts et de son engagement.

Il est entré dans cette société nationale à l’âge de 20 ans, c’était un jeune homme sans expérience aucune.
Grâce à son travail, il gravit de nombreux échelons dans la hiérarchie.
Au bout de 15 ans de carrière, il a occupé de nombreux postes de responsabilité sans la moindre remarque ou le moindre reproche de ses supérieurs.
Tout le monde l’appréciait pour son sérieux et son dévouement à l’entreprise jamais pris en défaut et surtout une disponibilité de tous les moments. Aux termes de trente ans de travail, de bons et loyaux services rendus à la succursale commerciale de la Senia d’Oran où il était employé, les travailleurs décidèrent d’un commun accord de l’élire à la tête de leur section syndicale.
Il avait toutes les qualités pour cela : il était sérieux, intelligent, honnête et surtout compétent, il connaissait tous les rouages des services, leurs servitudes et leurs contraintes. Et en plus, il ne pouvait pas tricher puisqu’il ne lui restait que deux années pour partir à la retraite.
Ils se trompèrent sur toute la ligne, malheureusement.
Du jour au lendemain l’homme changea du tout au tout et devint hautain, plus distant aussi bien avec ses collègues qu’avec sa direction.
Les demandes de prêts sociaux étaient systématiquement rejetés, les propositions d’achats groupés de moutons de l’Aïd étaient rejetées aussi.
Bref personne ne comprenait plus rien et les employés étaient plus écoutés par leur direction que par leur syndicat.
Et puis les choses ont commencé à s’ébruiter à la succursale et la section était plutôt mal vue par le personnel.
A une semaine de son départ à la retraite, il rangea ses dossiers, mit de l’ordre dans son bureau et ramassa tous ses effets personnels. Il était sûr qu’au jour «J» la direction se souviendra de ses efforts et de son engagement et lui préparera une grande réception avec même quelques cadeaux en plus. Quand le jour «J» arriva, il attendit toute l’après midi un signe de ses collègues ou de son patron l’invitant à une collation en son honneur.
A 16h quand la sirène sonna la fin du travail et que les premiers employés commencèrent à franchir les grilles de la société, il se leva sans un mot, se dirigea vers la sortie espérant quelques adieux qui ne vinrent jamais et s’engouffra dépité dans sa R4.
On n’entendit plus jamais parler de lui.

Abdenour Fayçal

Le journal des locales Edition du 5/11/2012

 http://www.infosoir.com/imp.php?id=146681

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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