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Une ville, une histoire Bouhmara

7 novembre 2012

Une ville,une histoire

Débrouillardise - Outre ses gâteaux qui dégoulinaient de crème et qui, par ailleurs, étaient appétissants, Bouhmara pouvait procéder tout seul à n’importe quel déménagement et pour n’importe quelle distance.

Il est venu au monde bien avant l’année des sauterelles, soit aux environs de 1930.
Lui-même n’a jamais été capable de dire avec précision à quelle année correspondait sa naissance. A la mairie de Sougueur près de Tiaret, il aurait été inscrit, selon quelques bribes d’informations, sous le nom de SNP c’est-à-dire Sans nom patronymique.
Peu importe ce genre de détails, mais lui, auquel on a toujours collé le surnom de Bouhmara, ne s’est jamais posé ce genre de questions, à savoir d’où il venait, qui étaient ses parents et pourquoi ils l’avaient abandonné ?
Pour ne pas se triturer les méninges, il avait décidé, une fois pour toutes, de vivre sa vie.
Et sa vie se résumait à deux choses : une charrette tirée par son âne et dans laquelle il vendait toujours quelque chose de nouveau au village et sa bouteille quotidienne de vin.
A force de traîner son âne dans toutes les rues, les villageois ont fini par l’appeler SNP Bouhmara.
Elle connaissait si bien son maître, cette bête, qu’à chaque fois qu’il se bourrait à mort et qu’il s’affalait de tout son poids dans sa charrette, elle le menait automatiquement droit au fondouk communal pour cuver son vin et dormir.
Bouhmara avait adopté une règle de vie très simple : vendre du poisson encore comestible le matin et de la pâtisserie en vrac l’après-midi.
Il était presque un service public, Bouhmara est le seul commerçant à avoir eu le courage d’introduire de la sardine dans le plat des fellahs.
Outre ses gâteaux qui dégoulinaient de crème et qui par ailleurs étaient appétissants, Bouhmara pouvait procéder tout seul à n’importe quel déménagement et pour n’importe quelle distance.
Et puis un jour on ne vit pas Bouhmara, ni le matin ni l’après-midi.
Personne ne s’inquiéta, car il n’avait pas de famille et pas d’attaches.
Au bout du troisième jour d’absence, on commença tout de même à imaginer le pire.
C’est au quatrième qu’on découvrit son cadavre derrière un chantier à l’arrêt.
L’homme était nu et son âne gisait près de lui.
Bouhmara ne sera pleuré que par la gardienne du fondouk et l’administration n’a jamais ouvert la moindre enquête sur son décès.
Il est mort comme meurent les chiens, sans un mot de compassion.

Abdenour Fayçal

Le journal des locales Edition du 28/10/2012

http://www.infosoir.com/imp.php?id=146441

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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