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En ces temps là ,à Trézel / Sur la piste des échos/2. Le forgeron plongé dans son oeuvre

Sans titre

1.   2..  Le forgeron plongé dans son oeuvre

Tang …Tang et voilà le boulevard des forgerons qui se réveille saluant les premières lueurs du matin .Les chevaux attelés devant la forge ,remuant queue et pieds ,s’impatientaient dans un désir ardent de se libérer enfin des fers usés dans la trotte des sentiers battus

      Un balancement de la queue ,un hennissement bref et consistant exprimaient à la fois le moral au top pour les chevaux dotés de sabots neufs et une pleine autosatisfaction pour avoir usé d’un talent confirmé pour la mise en place de fers s’adaptant aux pieds de façon fort adhésive et cohérente .

     A l’intérieur de la forge ,des milliers de petites étincelles maintenaient le charbon en éveil avant de tomber en cendre .Une fois que la finesse et les coups de marteau aient eu raison ,en exécutant  à point le travail entamé .La forge autrefois agitée par une force de travail omniprésente pour répondre aux besoins des clients, à son tour ,a rejoint le temple du silence .

Tang… Tang …et revoilà le boulevard des forgerons, sauvegardé dans la mémoire des temps ,nous rappellera toujours cet homme à métier bien plongé dans son œuvre au milieu des lueurs et des étoiles .Sur la piste des échos il s’est fait un rang ,pour les enfants du village ,il a pour nom Kharraba.

Titre : En ces temps là ,à Trézel

Chapitre : Sur la piste des échos

Maitre Belfedhal  Abderrahmane

Avocat à la cour suprême et au conseil d’état

 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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16 Réponses à “En ces temps là ,à Trézel / Sur la piste des échos/2. Le forgeron plongé dans son oeuvre”

  1. Pour toi Bladi Dit :

    Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 22:22
    Belfedhal Abderrahamane,EL HAKIM(LE SAGE)

    FASMA, NAR EL BERDA ET UN HOMMAGE SOLENNEL A L’ADRESSE DU VIEUX HAKIM.
    IL OPERAIT EN DIRECT SANS ALLIANCE AUCUNE AVEC L’ANESTHESIE, SE VOUANT A LA GRACE DE CE QU IL AVAIT APPRIS DURANT LES MOIS ET LES ANS.
    IL OFFRAIT AU PETIT PATIENT LE SACRE D’ETRE ENFIN UN HOMME.
    D’ICI PEU UN BOUT DE CHAIR DARDANT LE SABLE TAPISSE DANS UNE BASSINE REVETERA LE SCEAU D UNE PROFONDE TRANSITION.
    EL HAKIM NE DISPOSAIT PAS DE CABINET PRIVE, NI DE MATERIEL CHIRURGICAL OU AUTRE
    PROCEDE CONCU POUR LES COMMODITES DU POST OPERATOIRE A L’EXCEPTION D’UN BRAVE ET FIDEL COUTEAU BIEN AIGUISE LA VEILLE SOUTENU PAR UNE FOI INEBRANLABLE DE REUSSIR UNE GRANDE ŒUVRE DE PURIFICATION.
    LES PARENTS ET LES VOISINS VENUS ASSISTER LEUR PETIT HEROS SONT CHARGES EN PAREILLE CIRCONSTANCE DE REUNIR LES AGREGATS NECESSAIRES A LA TAHARA.
    ILS SE RESUMENT SOMME TOUTE, EN UNE BASSINE DANS LAQUELLE ON ETALERA UNE CERTAINE DOSE DE SABLE DE L’EAU TIEDE, DU COTON ET BIEN SUR L INGREDIENT LE PLUS EN VU, LE PLUS INDISPENSABLE, LE PLUS INDISSOCIABLE, LA PAIRE DES PAIRES : FASMA ET NAR EL BERDA.
    EL HAKIM S’APPROCHA DE L’ENFANT QUI CACHAIT MAL LES SIGNES DE LA PEUR A LA VUE DE L ARSENAL QUE L’ON AVAIT DEPECHE SPECIALEMENT A SON HONNEUR.
    AVEC LA DOUCEUR DU PATERNEL DECIDE A ACCOMPLIR SA TACHE DANS LES MEILLEURES CONDITIONS POSSIBLES LUI DIT : VOIS TU MON FILS CES JOLIS OISEAUX ? REGARDE COMME ILS SONT GENTILS ILS S’ENVOLENT HAUT DANS LE CIEL BLEU.
    L’ENFANT VOULANT ETRE A LA FOIS RASSURE ET BON ENTENDEUR RELEVA BIEN HAUT LA TETE ET LES YEUX : BISMI LLAH ALLAHOU AKBAR.
    LE MORCEAU DE CHAIR QUI S ACCROCHAIT TANT A L’ENFANT SE LIBERANT DES DERNIERES CARESSES AVAIT DEJA PLONGE TETE PREMIERE DANS LES SABLES D’OR.
    LES CRIS DE L’ENFANT SE MELERENT AUX YOU YOU QUI FUSAIENT DE LA PIECE D’A COTE,
    LE CAFE NOIR BIEN EPICE SERVI, LE TARBOUCHE ET LA ROBE COMPLETERONT D’ICI PEU LE DECOR DANS UN TABLEAU DE PURE TRADITION.
    LE PETIT HEROS QUI VENAIT DE REALISER ENFIN LA CHOSE QUI LUI EST ARRIVE S’EMBARQUA SANS TARDER SUR UN VOCCABLE PEU SINGULIER A L ADRESSE DU TOUBIB QUI DONNAIT L’IMPRESSION DE N AVOIR RIEN ENTENDU. IL SIROTAIT UNE BONNE TASSE DE CAFE.
    EL HAKIM A POUR NOM MOSTEFAOUI EL HADJ SAHRAOUI.
    IL AVAIT LA NOBLESSE ET LA FACULTE DE SUIVRE EN PLUS DE LA TAHARA, LES PISTES DE LA TRAUMATO ET L’EXTRACTION DENTAIRE.
    TRAVAILLANT SUR LA CHAIR VIVANTE, EL HAKIM NE PERDAIT JAMAIS DE VUE CET INSTANT DE HAUTE SERENITE SE VOUANT A LA GRACE DE DIEU : BISMILLAH ALLAHOU AKBAR TELLE EST LA CLE ET TEL EST LE BAPTEME.
    EL HAKIM TRAVAILLAIT D’HABITUDE DANS DES CONDITIONS NORMALES MENANT BON TRAIN SON STATUT DE DENTISTE JUSQU’AU JOUR OU IL FUT AVISE DE LA VISITE D’UNE PERSONNE TRES MAL EN POINT, TIRANT SES ORIGINES DES OULED EL KOUREK. IL SOUFFRAIT VISIBLEMENT D UNE MOLLAIRE EN ETAT DE REBELLION MANIFESTE.
    AUX DERNIERES INFORMATIONS, LE KOURRAKI AURAIT ABUSIVEMENT PLONGE SES DOIGTS DANS LA CELEBRE OKKA, UN PETIT SAC CONFECTIONNE A PARTIR DE PEAU DE CHEVREUIL POUR PRESERVER LES PRECIEUX LIQUIDES TANT INDISPENSABLES POUR LES COMMODITES DU COUSCOUS ET LES IRRITATIONS DE LA GORGE : ILS ONT POUR NOM ROBB ET DHENE.
    UNE FOIS LA FORMULE DE POLITESSE OBSERVEE, L’ILLUSTRE HAKIM CLAQUA LES DENTS DU KOULLEB.
    ON TATE LE TERRAIN, ON AUSCULTE, ON S AVISE GLOBALEMENT DE LA SITUATION GENERALE DES DENTS. L’ INDEX VENAIT A L INSTANT SE FIXER SUR UN OS DUR QUI DONNAIT L’IMPRESSION D’ETRE A LA FOIS HAUTAIN ET LEGER.
    EL HAKIM CALME ET SEREIN DISAIT A VOIX BASSE
    « IMAGINEZ QUEL SON DE CLOCHE CA DONNE UNE VOIX BASSE ET NASALE ».
    MMMM VOICI NOTRE COMPAGNE.C’EST BIEN ELLE !ELLE EST BIEN GRASSE ET MEME TROP FIERE AVEC EN PLUS DES TACHES DE ROUSSEUR. MMMMM VOYONS CA DE PLUS PRES :
    UN PEU DE TOUCHER, UN PEU DE BONNE CARESSE ET HOP HOP LA MOLLAIRE EST BIEN CEINTUREE MAIS LE KOULLEB EST DEJA PARTIE PRENANTE DANS L’ACTION ET PAR LA FACON LA PLUS DECISIVE.
    UNE VIREE VERS LES OULED EL KOURREK, UNE AUTRE ICI MEME OU SE DEROULE LA PRESENTE MANŒUVRE.
    UN HOCHEMENT DE TETE, UN SILENCE, UNE CERTITUDE.
    LA MOLLAIRE N’EST PAS DU TOUT DISPOSE A QUITTER SA RESERVE ENCORE MOINS SE SEPARER DE SON HONORABLE SUITE.
    UNE VIREE A GAUCHE, UNE AUTRE A DROITE, ENCORE UNE AUTRE VERS LE HAUT, LE KOURRAKI LES YEUX TIRES, LE FRONT HUILEUX GEMISSAIT D’ABORD A PETITE DOSE PUIS DOUBLANT LA DOSE, il PRESENTAIT DESORMAIS UNE BOUCHE CLIGNOTANT AU ROUGE.
    IL SE TORDAIT, IL VOLTIGEAIT SUR PLACE MAIS EN VAIN.
    HOP HOP ON POUSSE A L’ AVANT, ON POUSSE A L’ ARRIERE, ON TIRE A FOND, ON EFFECTUE LA MARCHE EN ARRIERE, PUIS LA MARCHE EN AVANT, ET C EST ALORS LE PLEIN GAZ.
    LE GAZ PLEIN LE NEZ.
    IL CRIAIT SI FORT, IL HURLAIT, IL DENONCAIT LA HAUTE TRHISON, MAIS QUE SE PASSE T IL DONC ?
    LA SITUATION EST JUGEE DRAMATIQUE !
    LE SOUFFRE DOULEUR VENU DE LA LOCALITE DES OULED EL KOURREK POUR SE DELIVRER
    D’ UN MAL SATANIQUE QUI LUI A USURPE LE SOMMEIL DEPUIS DES LUSTRES N’AVAIT PAS TROUVE MIEUX QUE DE S’EMPOIGNER DU JOLI NEZ DE L’ILLUSTRE HAKIM ET C’EST ALORS LE COMMENCEMENT D’UN COMBAT ORIGINAL, JAMAIS EU LIEU DANS LES ANNALES DE LA HIKMA.

    Les armes utilisées relèvent de l’insolite, le tout pour une question d’honneur.

    Un koulleb taillé dans les forges a haute résonnance décidé plus que jamais à en finir avec un os fou furieux et une grappe de doigts uses dans le labeurs made in bled, pris au depourvu, engages à aller plus loin. Une mollaire a feu et à sang d’un cote et un nez rouge vif de l’autre

    Qui dit-mieux ?

    Atl agni atlagni criait le pauvre vieux qui payait a la fois le prix et les intérêt de son noble métier.

    Atlag natlag repliquait l’infortuné kourraki qui ne comprenait pas assez les raisons qui l’avaient contre toute attente attaché au poteau des tortures.

    Atlag natlag

    Atlag natlag

    La hache de guerre est définitivement déterrée, les taureaux assis se sont transformes en taureaux debout.

    Les témoins abasourdis n’en croyaient pas leurs yeux, leurs oreilles non plus.

    De sommation en sommation, d’injure en parjure, les turbans incapables de se maintenir sur des tètes en extra furia s’envolèrent en l’air, libérant en cet instant dramatique deux cranes superbement rasés à la lame gilette peints aux couleurs de guerre entièrement gagnes par la colère d’Achille

    Atlag ya wahed el …

    Atlag ya wahed el …

    A coup de langues fourchues, le dialecte guerrier décimait les abc de la déontologie.

    Dans son ampleur le duel se poursuivait avec rage.

    Brusquement, la molaire sortit de sa réserve et comme par enchantement les corps endiables se sont refroidis à la faveur d’un calme pesant qui venait de s’installer.

    La molaire bien qu’ayant perdu quelques bribes, orgueilleuse et cynique trouva l’audace de rire sous cape à la vue de l’illustre dentiste qui, attenué remettait en place son couvre chef. Le kourraki enfin soulagé, maudissait cette rencontre qui l’avait mis en prise avec le fer et le feu.

    La bouche de l’un, le nez de l’autre, bien secoués sentaient le vrai vinaigre.

    Si Laid, Si Ahmed, Si Tahar, Si Driss en principe le périple dentiste-kourraki se termine et a la plume de se ranger.

    Mais que diriez- vous si on libère la plume pour le compte d’une fiction ?

    Ok allons-y.

    Le brave dentiste après avoir chassé l’indélicat kourraki de son territoire regardait avec fierté son Fidel compagnon et se disait : « mon brave koulleb, mon âme douce on a eu le dernier mot. Plus jamais le zélé Kourraki ne s’aviserait à remettre les pattes chez nous. «

    Arrosant son koulleb a coup d’alcool (hygiène oblige) le vieux, libre comme le vent, donna libre cours à sa voix nasale .

    O nez audacieux, le meilleur des meilleurs

    Louange à ton courage et à ton ardeur

    Par les griffes du koulleb et ma douleur

    Nous avons reconquis titre et honneur.

    Loin du territoire de son ennemi juré,

    le kourraki :

    Prenant sa compagne on douceur

    Jurant par le diable et hommes d’honneur

    A ne jamais livrer dents et molaire

    Au griffes d’un koulleb en colère.

    Et la sainte molaire ?

    La molaire ayant perdu verve et rousseur

    Rabattait sur son maitre rage et fureur

    Et enfin le fameux koulleb !

    Gloire et grandeur, sont mes épithètes

    Ici ou ailleurs , rien ne vaut ma tète

    Entre les mains du maitre enchanteur

    Je suis le guide et l’éclaireur.

    Si laid , si ahmed , Si Taher , Si Driss , nous allons de ce pas saluer le vieux Hakim. Il semble être occupé, mais … que fait-il ?

    Trois œufs, un peu de farine, du henné warguia, quelques petits bouts de bambou bien taillés et bien séchés au soleil, de l’eau et Du Hab rchad .

    Est-ce là une recette de grand-mère ?

    Pas du tout .

    Ce sont les ingrédients et les supports nécessaires pour remettre d’aplomb les os trompés dans les entorses et les fractures.

    L’illustre vieux à la voix nasale , l’ennemi juré du kourraki , scrutait également les voies de la traumatologie . Bien que dépourvu de cliché et de radio le vieux savait compter sur un œil exercé, sur un poignet ferme et sur la sagesse des Hakim … enfin presque, si ce n’est cet orage qui avait éclaté lors du passage du kourraki , dont dénouement extraordinaire avait pris fin suite à une âpre lutte gréco-romaine exécutée dans un style original et purement local .

    Chaque village retient dans sa mémoire le nom d’un Hakim. Le mien aussi garde dans sa mémoire le nom d’un autre maitre surnommé à juste titre (la terreur des entorses)

    Vous avez mal au poignet ?

    C’est au niveau supérieur du bras qu’il pulvérise le mal

    Vous souffrez de la jambe ?

    C’est au niveau de la hanche qu’il puise sa faculté de guérisseur.

    Avec un tempérament plein de quiétude, il accomplissait son œuvre avec abnégation et aisance.

    Honneur et gloire monsieur Mohamed ezwawi .

    Les braves toubib s’il non pas figuré au grand tableau des médecins et des praticiens, il ont en revanche gravé leurs noms dans le grand livre des actes de sagesse et de bravoure .

    Durant leur humble existence, ils ont réussi à déceler les secrets de la douleur. Allah yerhamhom.

    BELFEDHAL Abderrahmane

  2. Pour toi Bladi Dit :

    Belfedhal Abderrahmane, El hanout , » la boutique »

    Wech naatilek ya weldi ?
    Habba meska ya ammi .
    Habba globo ya ammi .
    Par la tendresse et la main de petit enfant,
    par la grasse des nuits et des jours qui s’envolent paisiblement, baignant dans les aromes du livre des temps, rehaussant le blason d’il était une fois , nous allons d’ici peu reprendre le chemin des cartables en bandoulière.
    Chemin faisant, on prenait grand soin de serrer nos poches afin de s’assurer que le fabuleux doro est bel et bien portant.
    Nous y voila face au grand bazar, le bazar du bonbon caramel, du coucou et du chewing-gum globo.
    Si ahmed, usant de ton expression, nous accompagnerons le berceau commun jusqu’à la limite du bon accueil.
    Wech naatilkoum yawladi ?
    Habba meska, habba nougua, wahda rigliz.
    Ya ammi ya ammi …..il ya de cela plus de cinquante ans.
    les hanoutes offraient dans leur modestie le quart de pain, le quart de lait de vache, le petit gloria compagnon Fidel et serviteur infaillible du diner de tous les soirs : le fameux taam, ce grand couscous traditionnel.
    Enfant, avec mes yeux de petit client, souvent je portais mon regard sur une étrange bande imbibée de quelque chose de collant qui, suspendue au plafond, sans crédit aucun, arpentait les espèces volantes hasardeuses et imprudentes.
    En s’approchant pour y gouter de cette pate brillante, les ailes et les pattes s’immobilisaient sans appel. Le redoutable attrape-mouches apposait avec force le cachet de la marque déposée.
    Le hanoute de ammi aek vivait sa tranche de vie en exposant fièrement une illustration fort remarquable.
    Suivons de prêt le dessin et l’énoncé.
    Un commerçant gai et souriant, assis sur une chaise à l’entrée du hanoute, tenait par la main droite une tasse de café fumant tandis que la main gauche acquiesçait l’emblème de la bienvenue.
    Une dame soigneusement enveloppée dans son haik, portant un couffin garni de denrées alimentaires s’apprêtait à sortir du hanoute.
    Ammi aek par la manière la plus civile annonçait la couleur : Au comptant toujours content, je vends des produits de marque.
    Approchons-nous davantage du dessin et de son énoncé.
    Changement de décor : Cette fois-ci l’on est en face d’un commerçant aux cotes visibles a l’œil nu Il dégageait des poches cruellement vides, laissant à l’abandon des étalages en désarroi entièrement assiégées par les toiles d’araignées. Au seuil de la porte, un pauvre chat en quête d’illusions évanouies pointait sans grand espoir de trouver une quelconque petite chose à mettre sous la dent.
    Le hanoute par la manière la plus désolante criait sur tous les toits du village « a crédit pas un radis »
    L’écho par la façon la plus rigide se faisait entendre terne et impassible : » il vendait des produits anonymes ».
    Enfant, perdant de vue le sens et la portée de cet énoncé, bien souvent la bouche bien callée dans un joli globo, je courrais tout en chantant : »au comptant toujours content, a crédit pas un radis, la la la la, a crédit pas un radis, au comptant toujours content »
    L’illustration découvre enfin l’objectif tant convoite
    Spigol spécialité aromatique algérienne
    Poivre, girofle, cannelle, cumin, muscade, vanille piment rouge, quatre épices et vanilline
    Ammi aek baignant dans la quiétude affichait les produits avec le prix d’achat et le prix de vente.
    On y trouve en sus de l’alimentation générale, du pétrole, de l’alcool a bruler, du charbon, de l’huile d’olive, de l’huile en vrac, de l’huile Lesieur avec en prime une assiette en verre, des aiguilles pour coudre, du café nizière, des piles mazda, des piles Wonder qui ne s’usent que si l’on s’en sert, des aiguilles pour déboucher le réchaud à pétrole made in USSR, du bonus avec ses surprises, de la tomate concentrée servie à la boite ou à la cuillère selon le besoin exprimé. Le tout emballé dans le meilleur accueil.
    Avec un doro, on est partie prenante pour un succulent caramel.

    Belfedhal Abderrahmane, El Hanout, suite-et fin

    Je vends des produits de marque
    Il vend des produits anonymes
    Le monde de nos jours vit une époque de grande avancée dans les domaines de la science, de la technologie et de la performance.
    Le monde de nos jours vit dans les mêmes conditions une autre avancée dans le mode des ventes et des achats, balançant sans répit, entre deux nébuleuses rivales, aux facettes multiples.
    Deux concurrents de taille, deux géants dans les spots et la sponsorisation, entièrement disponibles là où le besoin se fait sentir. je vends des produits de marque.
    il vend des produits anonymes
    Le monde de nos jours vit le spectre de la limitation sans bornes .
    Un constat et un verdict qui nous reviennent depuis les ages enfantins.
    Il faut bien croire que l’enseignement était en avance par rapport à son temps.
    je vends des produits de marque
    il vend des produits anonymes
    En regardant encore une fois le facies de cette époque révolue
    avec une note de fierté j’étale ma plume et celle de tous les temps glorieux sur les deux commerçants et la femme au haik.
    leur dénominateur commun étant l’habit traditionnel
    Ils relèvent d une grande marque déposée
    En évoquant la saga des hanoutes, on se rappellera toujours cette relation en or qui existait entre les ammi et les wladi, une relation qui en tout temps s’est inspiré des fondements propres d’une société bien distincte.
    L’émancipation, le bien être et le confort constituent un atout majeur leur implication dans la vie de tous les jours nous renvoi sans réserve au patrimoine légué par les anciens, par les ammi, par les wladi et par ces merveilleux bazars qui ont accompagné nos sensations mesurées aux tintements des doros et les anciens francs.
    Wech naatilek ya weldi?
    Habba meska ya weldi.
    Habba globo ya weldi.
    Ya hasrah alik ya hwenti tu ne cachais point ta kanaa.
    Une auto satisfaction acquise depuis des lustres tirant sa révérence d’un environnement simple mais fort bien soudé.
    Ammi said ammi salah ammi zambli ammi aek ammi sadek ammi ammi ammi de nos jours beaucoup de choses ont change.
    La kanaa s’est enlisée dans les sables mouvants de la concurrence déloyale et l’enrichissement sans cause.
    Nos enfants s’expriment encore en terme de doro sans avoir eu l’occasion de l’avoir touche ou gardé en poche.
    Un doro plus un doro et neuf fois sur dix sbah el kheir si lahcene bonjour monsieur koucou et voila le bonheur a portee de mains

    Belfedhal abderrahmane

  3. Pour toi Bladi Dit :

    Belfedhal Abderrahmane,EL Hammam ( le bain)

    A tous ceux qui , un jour, avaient franchi le seuil de BIT SKHOUNE , usant de KARKABOU et de Dkhoul

    A tous les moutchous et les kayesses pour avoir au fil des temps soutenu , tambour battant , la saga des bains mauresques .

    Je dédie ce passage .

    Trézel , sougeur c’est revivre avec le baroud d’honneur la longue traversée des bains mauresques dans leur architecture typique et les lampes étanches qui dévoilaient à peine les fronts et les visages ruisselants , noyés dans un brouhaha confus et indéfini .

    Les voix se succèdent, se confondent et s’entremêlent dans une atmosphère rappelant somme toute l’ambiance des galères des matelots en furia .

    Il vous arrive, en pareille situation, d’intercepter un SOS se profilant sur le sol brulant, maquillé d’une vapeur compacte à couper le souffle. Prenez mes chers amis votre patience en gaieté de cœur et traduisez ces sms tirant leur trait d’union de la tragédie cornélienne : « yal moutchou , yerham waldik chwiya ma bared  »

    « yal moutchou , belaa el bab , jib dop , jib dkhoul , yal moutchou ayat lel kayess  »

    Une voix au timbre presque suppliant :  » yal moutchou , sadaka ala el walidin , jib el KABKABOU karaya tabou  »

    Une autre voix à peine audible, une autre encore de quelqu’un bien que frappant le sol à l’aide d’un KOTTI, donnait l’allure d’un égaré dans une île déserte. En pareille situation , la force n’est désormais qu’une toute petite flamme.

    La porte donnant accès sur BIT SKHOUNE, à chaque ouverture laissait pivoter une boule de fer massif fixée à une poulie qui, mise en mouvement, remettait la porte dans sa position initiale et empêchait de la sorte l’infiltration de courant froid.

    Enfant, je ne cessais pas de porter mon regard sur cette boule étrange qui renvoyait mon imagination de façon franche et directe sur les époques Grecques et Romaines , là ou les cachots assommés par les ténèbres et les bruits de chaînes ne manquaient pas de loques humaines.

    El moutchou , les bras chargés de longues serviettes , d’un geste mécanique et décidé , s’empoigne de son client , rouge-vif , l’engouffre dans le DKHOUL est dans une galanterie parfois peu singulière , le prie illico-presto de regagner le lit royal .

    Le lit royal est une sorte de plan dur , réalisé à partir de planches de bois assez serrées, couvert d’un tissu permettait au sortant de BIT SKHOUNE de sécher et de gouter le plein repos dans une attitude de grande relaxe , de détente et de sérénité .

    La grande salle, disposant de plusieurs lits alignés tout autour du périmètre intérieur du bain, tenait lieu de cafeteria. Café au chih et thé Bounejma , engorgés d’arome , s’ajoutaient gaiement au repos du Corps et de l’ esprit .

    Les bouteilles de limonade plongées dans un grand couffin, baignant en douce au milieu des pans de glaces, se rafraichissaient au mieux dans l’attente d’être servies. JUDOR, à la pulpe d’or , était incontestablement la plus convoitée .

    A cette époque, trezel comptait dans son patrimoine foncier deux bains maures. Le plus vieux, vivant a ce jour, est exploité par les ouled belkheir. Le deuxième ayant passé l’arme a gauche était exploité par les ouled khelif .

    De nos jours et bien que les coups de la concurrence soient tenaces, le vieux bain continue à braver les temps en s’accrochant énergiquement à la BARAKA des anciens.

    Les deux bains, en cette frange de temps que nous citons, servaient aussi à dégraisser les LHOUFS et les JRIDIS que ramenaient les trézeliennes à l’occasion de leur mise en beauté.

    L’après -midi, rayonnantes, elles rentraient chez elles , avec le linge propre , sec et admirablement repassé à la main , sans alliance aucune avec quelque appareil que ce soit . Ce fut un temps. Un temps merveilleux.

    Si Laid, Si Ahmed, Si Taher, Si Driss (un clin d’œil à mon ancien collègue de travail) et toutes les plumes Ain-dzaritoises , allons de ce pas saluer l’honorable MOUTCHOU pour les taches accomplies tant il était exposé aux chocs thermiques .

    De BIT SKHOUNE au lit royal, c’est là , l’une des plus belles romances baignant entre le chaud et la fraicheur . Bared w skhoune ya hawa , c’est plus que le titre d’une chanson aux sentiments controversés , c’est un label . C’est une philosophie. C’est un acte et une référence.

    …… El kayesse Bonjour .
    El Kayasse bonjour. c’est en fait le personnage le plus influant dans l’équipe du bain . Il l’est beaucoup plus par le gant qu’il utilise dans son œuvre de lavage . le gant est rude , le gant est sec , le gant est foudroyant . A juste cause et à juste titre on l’appelait  » El Harcha  » .

    EL kayasse , calme et serein , dans une attitude de grand fakir , abordait son travail sans trop de peine . Les gestes et les mouvements dans un rythme cadencé relevaient d’une véritable symphonie mesurée aux trois temps :
    -vlan la tète
    -vlan le corps
    -hop hop et voilà les pieds au flan .
    Ereinté , rescapé à moitié , le baigneur baignant baigné est aussitôt recommandé à la grâce du moutchou qui , pour les commodités du séchoir le remet à son tour aux bons soins du masseur . Ce dernier en véritable maitre du Yoga marquera la fin du parcours .
    Par ces motifs et pour ces raisons justifiables et justifiées , Il m’arrivait de dévier le sens des aiguilles . Sitôt prémédité , sitôt exécuté , j’entamais alors une plaidoirie fracassante en l’honneur du bain . j’insistais particulièrement sur ces moments entachés de grande extase une fois entouré par les gai-lurons El moutchou , El kayasse et El masseur , sans toute fois oublier cette sensation inouïe propulsée par la kyassa . ces avantages en réalité ne sont plus à démontrer tant cette plaidoirie était de forme , relevant totalement de la fiction . Le fond des choses , le réel des choses , le naturel des choses étant finalement une autre chose . Il s’agissait de récupérer coute que coute les quelques centimes réservés en principe à la caisse du bain et s’envoler sans tarder vers l’obscurité la plus attrayante dans la salle la plus romanesque : Silimet Lahcen , haut lieu d’évasion et d’exploration des temps nantis .
    Cependant, cela ne réussissait pas à tous les coups
    Par une belle nuit étoilée,de retour a la maison,simulant une fatigue bien appliquée en apparence je me retrouvais nez a nez avec mon frère AEK , les mains bien fixées sur les hanches, exhibant des yeux en parfaite ébullition relevant un front porteur des trois plis de la colère et me dit en substance : YA SIDI BSAHTEK TAHMIMA .
    Lire sans détour : diable mais ou est donc ce maudit bain ?
    Jouant l’étonné, face a un subterfuge démasqué à l’avance je répondis :
    Mais bien sur que j ai été au bain .
    Au fond de moi-même, je me rendis à l’évidence qu’acquérir une place de soleil au cinéma, ou pulvériser sa crasse, il ya quand même une nette distance !
    L’absence de propreté apparente et l’inexistence de la moindre odeur susceptible de rappeler un passage via bit skhoune furent un alibi solide, pour que je sois franc candidat a une correction en règle
    Enfant, je n ai jamais regretté ces audaces de jeunesse car jugeant en dernier ressort que l’enjeu en valait les prunes et la chandelle .
    Il ya de cela une bien bonne trotte de vie… et viva le ciné-Nador
    Belfedhal abderrahmane

  4. Pour toi Bladi Dit :

    Belfedhal Abderrahmane,Fin de l’épisode, à suivre

    Trezel sougueur c’est revivre les temps écarlates de la librairie koucou qui offrait pour quelques anciens francs la fresque la plus extraordinaire qui avait peuplé l’imagination des jeunes et des adolescents de la seconde moitié du siècle dernier.

    Les adeptes et les fans de la bande dessinée, les bras armés de journaux du nom de blek le roc ,kiwi, nevada ,rodeo ,akim, buck john kit carson ,tex-tone, jim canada, oliver ,apaches, pirates, brik, lancelot ivanhoe ,kris le sherif, dakota ,totem ,en garde, tex bill, bill tornade tarou ,tarzan, tartine, caribou, foxie ,geppo, roico, pepito, pim pam poum ,pipo, cassidy, indians, rintintin, battler britton ,et bien d’autres héros de jeunesse parcourant les distances en quête d’échange, de location ou de vente de nouveaux et anciens numéros .

    Un intérêt primordial est toutefois accordé à la page de garde appelée couverture. Cet intérêt est amplement justifié par une meilleure qualité de dessin que le coloriage rendait encore plus attirant et plus captivant.

    Enfants notre élan et notre passion étaient soutenus tambour battant, par l’annonce saisissante du prochain numéro, en vente dans tous les kiosques, retenez le chez votre marchand habituel, lisez nos collections reliées en album.

    L’épopée de la bande dessinée était riche en titres et en couleurs. Cependant le manque cruel d’argent et l’irrésistible envie de vouloir coute que coute a avoir la main sur le journal convoité nous poussait souvent a user de toutes les acrobaties. Tant nos rêves d’enfants ne se détachaient à aucun moment des personnages mythiques qui nous entrainaient corps et âmes dans leurs aventures de cow-boy,de policiers ,de guerres et de comiques. Cependant à l’image d’un rêve qui devait prendre fin, la grande épopée à son tour devait sonner son propre glas.

    En 2003 les journaux tous titres confondus, toutes maisons d’éditions réunies avaient cessé de rayonner les étalages des kiosques et des librairies. Pour les nostalgiques les journaux avaient donné leur révérence. Hondo, messire, lancelot, tagada, yuma, zagor, bengali, le cavalier inconnu, à l’ouest des monts apaches, entre les hauts plateaux du tonto et les collines rouges, par un après-midi d’automne, autour d’un grand feu, ainsi débutait l’aventure et nos rêves avec.

    Aujourd’hui, affichant des prix incroyables, les collectionneurs découragent les nostalgiques les plus inconditionnels.

    Fin de l’épisode, à suivre, vivement le prochain numéro, ce fut un temps, ce fut une époque, en fait c’était une véritable saga. Le plaisir de lire, le plaisir d’admirer de beaux dessins et surtout cette passion effrénée de vivre le temps des héros.

    Peut- on oublier malgré le poids des âges, cette cavale de quartier en quartier, de maison en maison pour échanger un rodéo avec un kiwi ? ou un lancelot contre un ivanhoé ?

    De la cité vers EL HAMRI, d’EL HAMRI vers FILEGE BAKIR, de licoule laarab vers les innombrables terrains vagues du village pour le bonheur de se frotter contre la balle ronde et le plaisir de s’échanger de nouveaux épisodes, c’est là le titre d’une longue traversée que le temps a érigé et résumé en un épisode et un autre à suivre.

    Un épisode extraordinaire, un épisode fabuleux, enfin un épisode sans lendemain, mais tant parsemé de rêves, d’émotions et surtout de sensations.

    BELFEDHAL ABDERRAHMANE

  5. Pour toi Bladi Dit :

    Belfedhal Abderrahmane,la récitation du Coran. . .

    El jama’

    Si Ahmed, vous avez formulé un vœu.

    Le voici ici présent, pleinement exaucé.

    Dédié à celles et à ceux qui un jour avaient franchi le seuil d’El jama’ .

    Essmagh , Essalsal , Allawha , Echotrog , une recitation individuelle , une recitation collective avant de ranger les ardoises , « tchrak  » « tchrak  » , Haya kraw , Haya kraw , et c’est parti vers les lieux spirituels , animés de bout en bout par de petits TALEB appelés Gnadizes .

    Le Chotrog est un bâton léger dont le bout est rattaché à une queue de bœuf bien séchée au soleil méditerranéen. Les Gnadizes à l’aide de plumes taillées dans le bambou et de l’encre obtenue suite à une fusion de l’eau avec de la laine grillée, remuées à outrance jusqu’à l’obtention d’un extrait noirâtre. L’extrait a son tour, soumis à de petites doses d’eau est remué autant de fois jusqu’à ce qu’il devienne une encre pouvant reproduire lisiblement les Sourates sur la surface polie de l’ardoise.

    L’œil vigile du Cheikh, les claquements du chotrog , une récitation tout azimut , rappellent sans doute aucun, que l’on est bel et bien dans une classe coranique .

    Alhamdou lilahi rabi l 3alamin, Haya kraw , haya kraw , « tchrak  » « tchrak  » , et l’atmosphère dans son amplitude baignait dans un rythme cadencé que les voix des petits TALEB entretenaient en haut et en bas , raviviés a la fois par le regard perçant du Cheikh et les sinistres claquements du chotrog .

    La machine humaine mise en mouvement, chaque petit TALEB et conscient que la journée est à pied d’œuvre.

    El jama’ , implanté dans les quartiers du village , jouait un rôle prépondérant dans la vie sociale des habitants profondément marqués par les dogmes de l’Islam et par la tradition des anciens .

    Les Gnadizes équipés de Lawha, reprennent chaque matin les chemins du jama ‘ , décidés a gagner le pari du parcoeurisme .

    La récitation collective marquera ainsi la fin de la journée.

    Elle doit se terminer sans faute aucune, et sans aucune hésitation.

    La lawha doit inévitablement prendre sa toilette la plus honorable possible. Elle doit glisser heureuse dans l’eau claire et limpide trempée dans la blancheur et la saveur du salsal.

    Dans le cas échéant ce sont les pieds qui feront ample connaissance avec la fameuse falaka.

    Le célèbre peintre Dinet avait immortalisé cette épreuve titanique dans l’une de ses remarquables fresques réalisées a Boussaâda.

    Le chotrog infaillible, intraitable, et incorruptible, omni présent remettait toujours les choses en place.

    Cependant dans l’emploi des jours il y avait aussi des moments de grande joie et de détente. Pour le cheikh et pour les gnadizes rien absolument rien, n’égalait la journée des sadakates. Le chotrog dans une attitude de grande sérénité est momentanément mis en veilleuse, mais si prés du cheikh. Les nattes brillant par mille feux recevaient gracieusement les exquises de la cuisine traditionnelle.

    L’honneur est au mbassas, au ftir, a la rouina, et au kaabouche.

    Le cheikh d’habitude au regard franc et taciturne affichait des lors un large sourire et il avait toutes les raisons du monde d’être de la sorte car tout baignait dans la quiétude.

    Dans peu de temps, chaque gendouz aura le privilège et l honneur de glisser dans la main du cheikh, une jolie pièce de cinquante centimes. En somme, c’est une belle offrande fruitée d’argent.
    Le jour des SADAKATE c’est aussi un jour de grande référence pour le petit TALEB qui, au prix d’efforts louables et de sons de CHOTROG avait enfin soldé un HIZB entier, et que la mémoire ne manquera pas de retenir de façon claire, nette, et précise.

    Une fois l’offrande ayant pris congé, laissant sur place des assiettes de terre cuite vidées de toutes victuailles, le CHEIKH d’une main sobre et sereine, usant de crayons noirs et de couleurs, armé de patience, transposait sur la LAWHA une série de formes géométriques rappelant en leur état les talismans des époques lointaines.

    Une fois l’œuvre achevée, le flambeau ainsi conçu est remis aux honneurs du petit TALEB qui, fort confiant et rassuré, est dès lors fin prêt pour une grande traversée.

    Le petit TALEB poussé par l’ardeur de montrer ses capacités intellectuelles, s’engage dans un périple qui doit l’amener en compagnie de sa LAWHA et de son HIZB tour à tour vers les ruelles, les rues, et jusqu’aux SOUKIFAS du village. Les habitants à leur tour n’ont jamais perdu de vue cette fierté de récompenser le petit TALEB : « tiens mon fils, tu mérites plus que ça. C’est le CORAN.» le petit TALEB en guise de remerciement, s’attaque sans réserve, sans faute aucune, et sans aucune hésitation à une récitation directe et dynamique.

    Beaucoup, parmi les petits TALEB, armés de volonté ardue ont pu au fil des années, rejoindre la soixantième marche.

    La marche du podium des podiums. « HAYA KRAW, HAYA KRAW », TCHRAK, TCHRAK, une récitation individuelle, une récitation collective et ainsi, chemin faisant, la classe coranique devait quitter son quartier pour une place de choix dans la mosquée. Le CHEIKH, fonctionnaire de l’état à, lui aussi, perdu de vue les exquises d’antan, ainsi que le tintement des cinquante centimes. La classe coranique jadis libre et indépendante, est assujettie au règlement régissant les affaires religieuses. Le CHOTROG à son tour fut soigneusement rangé dans la mémoire « d’il était une fois ».

    La LAWHA, le SALSAL, et la dwaya à leur tour se sont effacés au profit d’une ardoise magique qui, suite au frottement avec un KALEM invisible, fait apparaitre en sus d’un verset, d’un HADITH, la passion d’aller toujours vers de petites choses nouvelles s’adaptant avec l’esprit moderne, et les exigences du moment.

    Les CHEIKHS dans leur mission d’enseigner la parole divine n’ont jamais dissocié leur devoir du CHOTROG. Cependant un seul a fait l’exception. En guise de traitement, il offrait à ses GNADIZES de succulents bonbons à la menthe. Il a pour nom : SI HNINI.

    BELFEDHAL ABDERRAHMANE

    Le jour des SADAKATE c’est aussi un jour de grande référence pour le petit TALEB qui, au prix d’efforts louables et de sons de CHOTROG avait enfin soldé un HIZB entier, et que la mémoire ne manquera pas de retenir de façon claire, nette, et précise.

    Une fois l’offrande ayant pris congé, laissant sur place des assiettes de terre cuite vidées de toutes victuailles, le CHEIKH d’une main sobre et sereine, usant de crayons noirs et de couleurs, armé de patience, transposait sur la LAWHA une série de formes géométriques rappelant en leur état les talismans des époques lointaines.

    Une fois l’œuvre achevée, le flambeau ainsi conçu est remis aux honneurs du petit TALEB qui, fort confiant et rassuré, est dès lors fin prêt pour une grande traversée.

    Le petit TALEB poussé par l’ardeur de montrer ses capacités intellectuelles, s’engage dans un périple qui doit l’amener en compagnie de sa LAWHA et de son HIZB tour à tour vers les ruelles, les rues, et jusqu’aux SOUKIFAS du village. Les habitants à leur tour n’ont jamais perdu de vue cette fierté de récompenser le petit TALEB : « tiens mon fils, tu mérites plus que ça. C’est le CORAN.» le petit TALEB en guise de remerciement, s’attaque sans réserve, sans faute aucune, et sans aucune hésitation à une récitation directe et dynamique.

    Beaucoup, parmi les petits TALEB, armés de volonté ardue ont pu au fil des années, rejoindre la soixantième marche.

    La marche du podium des podiums. « HAYA KRAW, HAYA KRAW », TCHRAK, TCHRAK, une récitation individuelle, une récitation collective et ainsi, chemin faisant, la classe coranique devait quitter son quartier pour une place de choix dans la mosquée. Le CHEIKH, fonctionnaire de l’état à, lui aussi, perdu de vue les exquises d’antan, ainsi que le tintement des cinquante centimes. La classe coranique jadis libre et indépendante, est assujettie au règlement régissant les affaires religieuses. Le CHOTROG à son tour fut soigneusement rangé dans la mémoire « d’il était une fois ».

    La LAWHA, le SALSAL, et la dwaya à leur tour se sont effacés au profit d’une ardoise magique qui, suite au frottement avec un KALEM invisible, fait apparaitre en sus d’un verset, d’un HADITH, la passion d’aller toujours vers de petites choses nouvelles s’adaptant avec l’esprit moderne, et les exigences du moment.

    Les CHEIKHS dans leur mission d’enseigner la parole divine n’ont jamais dissocié leur devoir du CHOTROG. Cependant un seul a fait l’exception. En guise de traitement, il offrait à ses GNADIZES de succulents bonbons à la menthe. Il a pour nom : SI HNINI.

    BELFEDHAL ABDERRAHMANE

  6. Pour toi Bladi Dit :

    Belfedhal Abderrahmane, Les cafés aux bols d’air
    Vendredi soir, peu de temps après le coucher du soleil, les tentes et les khaimas immobiles sous la lumière des quinquets et des kerbiles, calmes, silencieuses avaient l’allure d’un campement de guerre qui las d’un long siège se préparaient pour un ultime assaut. Les feux de bois crépitant ca et la, dégageaient dans l’espace les parfums du foret tandis que les premières étoiles chantaient la sérénade de la nuit trezelienne

    A l’intérieur de ces œuvres dressées a la belle étoile, de larges nattes usées par le temps, étendues de bout en bout sur un parterre débordant de fraicheur sans avoir a en rougir face a ce que pouvait offrir la moquette en luxe et en confort pour les habitues de la vie citadine.

    De vieux bancs aux éléments serres par des clous encore plus vieux, enivres par l’arome de la chadoulia et la romance du the étoile de la vieille et lointaine chine, procuraient aux burnous et aux gandouras de grands moments de sérénité, de gout, de paix et au kahwaji de se confondre dans le meilleur accueil.

    Tôt le matin, alors que l’aube s’était mise a rosir, le marche de tous les samedi que dieu fait est fin prêt pour recevoir son monde habituel.

    Au fil des heures, les cafés qui, la veille avaient conquis pleinement l’espace, désormais ressemblaient a de petits points visibles, baignant dans le décor de la pure tradition et les bruits indéfinis. Le marche dans son ampleur est pris en otage par l’homme et la bête.

    Les discussions dans une atmosphère chaude mais sereine se rapportaient en valeur absolue sur les prix et les couts. La vieille règle de l’offre et de la demande se traduisait matériellement sur le sol trezelien de façon claire, nette, et sans ambigüité

    A l’entrée des tentes et des khaimas, des tonneaux en bois alimentaient en eau claire et limpide la prouesse de la main locale qui avait conçu et fabrique la cafetière et la théière. Un morceau de tissu jadis blanc, servant de filtre, avait pris la couleur de son jus. A l’aide de tasse de la contenance d’un litre, le sucre blanc, tiré d’un gros sac est verse entièrement dans l’eau bouillie pour être ensuite reverse dans la cafetière et dans la théière bien installés sur un feu maintenu a une température adéquate. Eau , café, thé ,barbouilles a outrance sont servis aux élus des cafés aux bols d air dont la satisfaction et le plaisir restaient totalement acquis pour le compte d’une véritable gaada

    he kahwaji wahed kahwa wahed tey rani jey

    Les tasses et les verres se remplissaient et se vidaient au rythme de feux toujours en éveil, toujours en flammes, de temps a autre un verre servi a la hâte ne tardait pas a rejoindre ses compères baignant tranquillement dans une bassine assignée au repos d’office.

    Au fur et a mesure que le temps passe, le calme doucement reprenait l’espace, rafraichissant la température entre un haut et un bas.

    Douze heures tapantes, les tentes et les khaimas sont pliées les nattes, les vieux bancs, les tonneaux en bois et le reste des ustensiles ranges, le départ vers d autres cieux est imminent.

    Des cafés aux bols dair il ne restait qu’un bout de terre humide absorbant lentement les traces d’une lessive simple fort peu exigeante et des trous qui avaient servi de support et de renforcement pour les piquets de bois et de fer.

    Un matériel de bonne et vieille époque mais tant utile et indispensable pour relever bien haut la tête de ces édifices libres et fantaisistes. En leur état, ils voyagent encore, dans le temps et dans l’espace.

    La cafetière et la théière n’ont guère change d’aspect. Le kerbile, rangé dans le corridor des contes auprès des feux de cheminée, ressourcé au gaz butane, le quinquet à ce jour, souffle la lumière en brillant dans tous ses éclats.

    BELFEDHALAbderrahmane.

  7. Pour toi Bladi Dit :

    Belfedhal Abderrahmane,La cité des cités

    Trezel , Sougueur , c’est jeter son élan et sa foi d’enfant dans l’étreinte des nuits féeriques du glorieux mois du carême et de la piété , ressuscitant les usages et les traditions des temps nantis .

    Le muédhin , la voix presque enveloppée par les mugissements de la sirène municipale annonçait à la fois la prière du crépuscule et la rupture du jeun .

    D’ici peu, les cris des bambins vont s’élever haut dans le ciel pour accompagner les oiseaux et chanter ensembles la sérénade des retrouvailles. L’espace et le temps libérés , les âmes espiègles se disputent déjà le terrain à conquérir dans une bataille rangée sous la houlette tactique et stratégique de * hauts les mains * et *délivrez* .

    En ces temps merveilleux , par nos jeux enfantins, on défiait les règles les plus poussées de l’entraide et de la solidarité . En effet quoi de plus simple , quoi de plus naturel , quoi de plus beau que ces morceaux de viande que chacun de nous soutirait de son ftour pour en faire avec le chef d’équipe , le regretté AKCHICHE HOUCINE l’offrande la plus hospitalière . On mangeait ensembles , on riait ensembles , on apprenait dans nos jeux et par nos jeux , à nous aimer d’avantage .

    La nuit s’écoulait lentement . Le silence peu à peu récupérait le temps , tandis qu’un vent léger du DJEBEL NADOR semait au loin la romance des cafés maures : trente-trois ….. tlata w tlatin , vingt-quatre ….. rabaa w achrine , vingt et un ….. wahd w achrine .

    De nouveau , le silence est maitre de l’univers .

    Allahou Akbar , Allahou Akbar , le muedhin annonçait la prière de l’aurore . Un jour nouveau est né dans la vie du village et ses habitants tandis que pour les bambins, le rêve continuait sans fin.

    Cité de mon enfance , cité des jeux enfantins , quand je parcoure tes petites ruelles , quand j’escalade les escaliers de ton unique bâtiment , quand je m’imagine le terrain qui jadis nous accueillait dans toute son étendue , je laisse aller ma douceur voyageant dans les sphères du temps , recoupant pas à pas le passage de la cité vers licoule laarab , de la cité vers la librairie coucou , de la cité vers les nuits roses de ramadhan , de la cité vers les courses-poursuites avec le regretté SI ABDELKADER l’intraitable gardien de la cité .

    Mon grand-père fondateur de la zaouia d’EL MANSAB implantée à EL FAIJA depuis des lustres, en apprenant la mort du chef spirituel de la confrérie EL HAMEL sise à Bousaada avait écrit en ces moments douloureux, un long poème élogieux . Effectuant le trajet d’EL FAIJA vers EL HAMEL , observant une halte à Trezel, il avait dit : Trizil (avec i) nassou mahlaha . grand père, à l’ombre d’un siècle qui s’est endormi, a l’orée d’un autre qui se réveille, je vous dit tout simplement : Trizil nassou mahlaha .

    De nos jours beaucoup de choses ont changé en profondeur. Cependant Trezel garde encore le souffle pour rappeler à toutes et à tous que le pont entre les générations doit et devra se maintenir par les lianes de la fraternité et de la reconnaissance entière envers tous ceux qui ont toujours œuvré pour le privilège des principes et des vertus.

    Hommage vibrant, hommage éternel à vous mes chers professeurs, je témoigne en ce bas monde , je témoigne devant dieu que vous nous avez éduqué , que vous nous avez aimé car vous avez toujours voulu en faire de nous des fers de lance dans une Algerie fière et debout . Vous avez engagé le pari, vous avez réussi le pari.

    Enfants et petits enfants de mon village , adultes et notables de ma ville , sauriez-vous vous maintenir à l’ échelle des grandes aspirations et la confiance placée en vous ?

    Trézel , Sougueur , c’est cette nostalgie profonde qui nous pousse à baisser le chapeau bien bas .

    Maitre:Belfedhal Abderahmane

  8. Pour toi Bladi Dit :

    Belfedhal Abderrahmane, Valse de jeunesse

    Trezel sougueur, c’est revivre l’allégresse du premier orchestre qui, des années durant avait enflammé les roses nuits de mon village. Les répartitions et les répétitions musicales tenaient lieu dans le sous sol de l’unique bâtiment des diar el farah. Stupéfaits, pour la première fois on côtoyait les instruments de musique ainsi réunis. L’accordéon et la batterie entre les mains des frères regard créaient en nous la sensation de vouloir s’envoler le plus loin possible. Les adultes et les enfants de tous les fileges s’en donnaient corps et âmes à l’euphorie d une danse qui pour la plupart des temps était dominée par le fleuron du village A. khaled. Sur la piste de la danse, le joli brun s attirait les foudres de guerre. Il était tout simplement une star.

    Orchestre de mon village, musiciens formés dans la complainte de la rue et dans les cœurs d’une jeunesse profondément secouée par les aléas d’une vie difficile soutenue par la grâce d une grande ambition tintée de rêves inachevés, mais combien capable de surmonter les hautes cimes sans battre des ailes.

    Vaillants animateurs éclairant les voies de moulay essoltane, sous l’ ovation éternelle liant le ciel a la terre et la lumière aux lumières des lumières sallou sallou ala nbina allah allah mohamed yachfa fina allah allah Le sacre depuis les époques lointaines se dessinait lentement au fil des heures retraçant les repères d une tradition ancestrale que les générations avaient toujours honore et respecte.

    Le ciel étoile scintillait encore à la faveur d’un calme qui venait de s’instaurer, les danseurs a leur tour avaient libère la piste. Les tasses de the et de café se vidaient et se remplissaient dans une atmosphère de détente et de grande joie. Brusquement des you you soutenus par la derbouka jaillirent de nouveau liberant du coup les sens et les voix sallou sallou ala nbina allah allah mohamed yechfa fina allah allah moulay essoltane visiblement atténué, le front humide, dans une joie indescriptible recevait le sacre que la tradition des vieux avait jalousement gardé. Le satin blanc confondu dans une emotion profonde s accrochait encore aux éléments d’une nuit qui s emblait être sans fin.

    A la pointe de l’aurore, dans un émouvant bkaou ala kheir wehna mchina welli hebna ihaoues alina, le village libérait ses dernières étoiles dans l’attente d’un jour qui avait déjà commence.

    O valse de jeunesse pourra-tu pour une soirée, pour un instant si court soit il, te reproduire sur les lieux jadis témoins des fanfares et des parades s’exécutant fièrement dans la blancheur croisée au rouge des nobles sacrifices et au vert des champs d’honneur.

    Orchestre aux lueurs vivantes, si les cheveux ont abandonné leur force de jeunesse, les doigts et la foi sont la pour redonner vie aux aléas endormis. De l’accordéon a la batterie, en passant par la ghaita des nuits inoubliables du mawlid ennabaoui echarif, le fier village se souviendra de ses enfants et de ses époques merveilleuses.

    Sur la piste de leurs aines, le fameux trio d’el hidhab et les rossignols de l’andalousie ont magistralement illustré la splendeur d un village qui n a pas oublie.

    Sallou sallou ala nbina allah allah mohamed yechfa fina allah allah.

    Mon village n’a pas oublié. Les enfants de mon village non plus.

    BELFEDHAL Abderrahmane

  9. Pour toi Bladi Dit :

    Belfedhal Abderrahmane, Le cri des adieux. . .

    Trézel ,Sougueur et cette brave maman cantine qui répond sans tarder à l’appel de nos ventres agités ,en vous offrant gracieusement pour le prix d’un « doro » ses merveilleuses réussites de riz ,de pois chiches ,de lentilles et autres matières à calories vitales pour soutenir les corps frêles.

    Au petit matin, un bol de lait chaud .La cantine, une fois par semaine, vidée de ses tables est utilisée pour la projection de films .Licoule la3rab disposait de classes pour nous instruire et nous faire comprendre les choses de la vie, d’une cantine pour nous nourrir et enfin d’un jet de lumière qui avait pris le pli de sillonner l’obscurité et larguer sur l’écran de fortune les images, les plus vivantes

    Ô Ciné des temps fuyants ;faites rejaillir les éclats de la lointaine enfance bercée dans la douceur matinale et la chasteté des moments crépusculaires ,ressuscitez les grandes émotions qui avaient accompagné les petits regardes noyés dans le vif de l’image muette et à l’écoute de l’image parlante… magistralement interprétées par la paire des paires ,ces grands alliés pour le pire et le meilleur ,Hardy et Laurel ,et par la petite taille au grand talent ,le légendaire Charlot Chaplin .

    On éclaire de nouveau la salle, on tire les grands rideaux noirs qui avaient servis de cache lumière. La bobine et ses bruits cadencés se sont immobilisés .Un instant plus tard, la porte de l’école, humble et émouvante, sous la poigne auguste du gardien s’est repliée sur elle-même.

    La cour prise dans une solitude prompte soudaine serrait dans ses bras suppléants les restes ultimes d’une séquence qui se meurt.

    Un silence lourd, perpétuait au-delà des horizons colorés, le cri des adieux. Les bruits se sont tus ,il ya longtemps ,très longtemps ….

    Les étoiles annonçaient leur beauté dans un ciel de velours, le dernier troupeau de vaches suivis au pas par le berger et son chien fidèle regagnaient les étables et les « fandouks .Entre un rayon de l’aube blanchissante et un autre tirant sa tirade vers l’horizon, l’écolier est pris en entier par le chant pathétique : Trézel,Sougueur ,c’est un peu l’âme de ses enfants ,c’est aussi cette nostalgie profonde qui nous pousse à baisser le chapeau bien bas…

    Titre : En ces temps là ,à Trézel

    Maitre Belfedhal Abderrahmane

    Avocat à la cour suprême et au conseil d’état

  10. Pour toi Bladi Dit :

    Belfedhal Abderrahmane,Le chant des ombres et des lueurs.

    Heureux qui comme ce petit nuage, traversant le ciel, par un après midi ambiant d’un hiver sentant sa mort prochaine. Dans un voyage destine à être long ou réduit selon les aléas et les circonstances, le petit nuage libérait de temps à autre une douceur fine soutenue par un soleil souriant à l’allure pale et timide. Depuis les cimes blanchies par les restes de la neige, un vent léger caressait la splendeur des vignes et des champs trempes dans la couleur fade et transparente des coquelicots. Des années plus tard, voila une masse grisâtre qui arrive, qui se profile dans les horizons couvrant d un large manteau une existence qui semble avoir perdu de sa sérénité. Une goutte d’eau fuyante, encore une autre, un trait de fraicheur au visage et j’étais alors avisé qu’un orage faisait route vers une profonde expression. Reprenant les sentiers battus, je balançai mes yeux sur un espace entièrement gagné par des sentiments en éveil, conquis par des oiseaux en quête d’inspiration.

    Petit nuage des temps nantis, O compagnon des nuages en voyage, te voila aux approches des cimes élevées, baignant dans le chuchotement des arbres enlaces et les murmures des soirs endormis. Petit nuage reprend ton vol dans l’immensité des cieux, accroche-toi aux étoiles dansantes, accompagne par ton souffle le jour et la nuit, retrace dans la voie lactée autant d’arabesques qu’il te plaira de choisir, régénère les forces de la plume pour atténuer les flammes d’un grand feu décidé plus que jamais a renaitre de ses cendres.

    Petit nuage le vieux est assez usé pour user de ses ailes, dans sa joie et dans ses illusions il confie son âme à la tienne.

    O saga des tempêtes et hurle vent graves dans la mémoire des temps.

    O douceurs sculptées dans le bleu des mers et sur les rivages baignant dans le refrain des vagues.

    O champs des verdures voues aux grains de tous les espoirs, vous êtes sublimes, vous êtes inexplicables.

    Dans le crépuscule aux horizons dores

    Dans l’antre des nuits éveillées

    Dans la brume et le clair des lunes

    Je bâtirai mes mots, je raccorderai la lyre de l’olympe aux notes enchantées du l’uth oriental et jusqu’aux poèmes de l’eternel okad.

    Quand la nuit des nuits se met en marche déployant ses ailes obscures et téméraires.

    Quand par la voix des loups, les chaines du silence se brisent en amont et en aval

    Quand les arbres s accrochent aux vents des plaines

    Quand les branches se dressent vers le ciel exprimant la grasse des temps qui passent

    Quand les flocons de neige renvoient aux noces printanières.

    Quand l’étoile du berger chante le repli vers l’âtre et le gite.

    Quand le braséro tient en haleine l’âme flottante du quinquet.

    Quand la chaleur et la lumière, la main dans la main accompagnent la nuit des contes vers les rêves aux silhouettes dansantes.

    Quand la nature majestueuse étend son voile impérial invitant l’âme poétique à se confondre dans la beauté de ses couleurs

    Quand tout se tait

    Quand tout se lit d un trait

    Quand tout se mêle et se démêle en s’imprégnant de profonde philosophie…

    Alors sans battre des ailes, précédant mes pas et mon imagination, je suis déjà au cœur de mon existence.

    Le petit nuage aux cheveux bénis par la couronne des âges, la main dans l’âme du vieux grimpait les échelles du temps en fredonnant le chant des ombres et des lueurs.

    Maitre Belfedhal Abderrahmane

    Avocat à la cour suprême et au conseil d’état

  11. Pour toi Bladi Dit :

    Belfedhal Abderrahmane, les petits hommes

    Le petit jour venait de pointer. les taxis, les bus et autres moyens de transports se relayaient dans un va et vient incessent et continu ,transportant les uns vers leurs classes respectives, d’ autres vers leurs lieux de travail et bien d autres vers leurs occupations quotidiennes.cependant, aux gres des vents et du hasrd, se fiant a une etoile peu brillante,flora-bio@hotmail.com nombreux sont ceux qui quittent le gite en quete d’une occasion quelconque ou tout bonnement s’embusquer dans les galeres d’el blassa et voir le monde tourner en rond.

    dans ce panorama, en depit de l’age et des contraintes physiques

    a chaque aube blanchissante les petits hommes sont deja prets pour affronter leur sort dans un combat inegal, dans un enjeu hors du commun. face a eux, derriere eux, la societe civile digne de son rang et de son statut observe, fin prete pour serrer d’ avantage les regles du calcul. ce sont les khobz el yabes, ce sont les collecteurs des residus du fer et du metal. les petits hommes par ces temps modernes, constituent le nerf vital d’ une main d oeuvre aux prix competitifs. il suffit davoir des idees.

    dans le sillage des visages aux couleurs usurpees, d’ autres petits hommes, d’ autres portions de chaire vivante contraints de meubler le decor de celles qui s’ attellent a enflammer les ames charitables, tendent la main sans jamais saisir la portee du geste.

    un geste longtemps soumis aux regles de la repetition. la blancheur du lait et des fromages ne figure pas au menu.

    l’ equilibre et la dignite etant pour les autres.

    les petits hommes, SAVENT S’ ALIGNER AU RANG DU CROUTON DE PAIN RASSIS ET LES QUELQUES CALORIES EN PERTE DE VITESSE. QUAND VINT LE SOIR, QUAND VINT LA NUIT, ASSOMMES ILS PLONGENT DANS UNE COURTE EVASION SANS ETOILES. CE SONT NOS ENFANTS. C’ EST NOTRE AME QUI MEURT EN SILENCE. C’ EST UNE PARTIE DE NOUS MEMES QUE NOUS EXTIRPONS DE NOS ENTRAILLES, QUE NOUS AVONS COUVé AVANT DE SE LIBERER D’ELLE. DANS NOTRE AMNESIE, DANS NOTRE CECITE, DANS UNE TRAJECTOIRE A HAUT RISQUE NOUS NOUS SOMMES ALLIES AVEC L’ INCERTITUDE.

    L’ EMINENT CHIRUGIEN J. HAMBURGER NOUS FAIT SAVOIR QUE LA MAIN LOIN D ETRE UN SIMPLE OUTIL SE LIMITANT A EXECUTER LES ORDRES TRANSMIS PAR L ESPRIT, ELLE DESSINE, ELLE ECRIT, ELLE COMPOSE, MAIS ELLE EST AUSSI CAPABLE DE COUPER NET LES ELEMENTS D’ UNE NUIT ET EN FAIRE D ELLE UN ENFER SANS PRECEDANT. LES ADULTES, SIROTANT ALLEGREMENT UN THE OU UN CAFE S ‘EN PRENDONT CORPS ET AMES A LA PASSION DES MOTS CROISES ET DES MOTS FLECHES, A LA PASSION DES SEPT ERREURS ET DES FAITS DIVERS. NOUS CONFONDONS ENTRE UNE MAIN TREMBLANTE ET UNE MAIN DE PUZZLE OU UNE MAIN DU JEU DES SEPT ERREURS. ACCROCHES AUX DENTS DE LA BETE HUMAINE LES PETITES PORTIONS DE CHAIRE VIVANTE NE COMPRENNENT PAS LES ALEAS D ‘UNE PROCEDURE COUTEUSE LONGUE ET SINUEUSE. LA CONSCIENCE NOUS INTERPELLE . .. INVESTISSEURS DANS LES ENTREPOTS A CIEL OUVERT OU JONCHENT LES BIDONS D HUILE, LES CHUTES AUX FORMES VARIABLES DU FER DU METAL ET L’ ARMADA DU PLASTIQUE, NE VOUS ATTELLEZ PAS TROP AUX SOUS TREMPES DANS LA DOULEUR ET DANS LES GEMISSEMENTS. HONORABLES ADULTES ET SI LA MELODIE DES NUITS AGITEES NOUS EST CONTEE PAR LES RIDES DE CEUX QUI PAR NOTRE AVANITE AVAIENT LOUPE LE VIRAGE. ET SI L’ECOLE ET SI LES USAGERS DE LA BONNE PSYCHO, ET SI LES SLOGANS BRULANTS DES CAMPAGNES ELECTORALES, ET SI… ET SI ET SI LA COMPLAINTE DES MAINS TREMBLANTES SE rETOURNERAIT FACE A NOUS, RECLAMANT SON JUSTE DROIT? ET SI……. ET SI……

    NON NON CE N EST PAS MON FILS

    NON JE VOUS ASSUrRE QUE C EST UNE CALOMNIE

    JE VOUS LE DIT, J’ AI ELEVE MON FILS COMME IL SE DOIT

    CE N EST PAS MOI C EST L AUTRE..

    DANS LES LOCAUX DE LA POLICE, DANS LE BUREAU DU JUGE DES MINEURS, LES PETITS HOMMES N ONT JAMAIS ASSEZ SENTI LE PODS DES RAISONS QUI LES ONT RENDU AINSI.

    EN ATTENDANT LE JOUR, EN ATTENDANT UN JOUR MEILLEUR, LES PETITS HOMMES CONTINUERONT A POUSSER LEURS ENJGINS DE FORTUNE. LE GRINCEMENT DES ROUES ADAPTE A LA SUEUR ET AUX TREMBLEMENTS DES MAINS ET DES PIEDS RESTERA LONGTEMPS GRAVé DANS LES ANNALES D’ UN MONDE INCOMPRIS ,D’ UN MONDE INSENSé, UN MONDE AUX REVES INACHEVES .

    UNE FOIS LES MOTS CROISES NE SONT PLUS CROISES,

    UNE FOIS LES MOTS FLECHES RANGES DANS LEURS ARCQUOIS, QUAND LES ERREURS NE SE COMPTERONT PLUS, ON REVIENDRA PEUT ETRE A L ‘EVIDENCE QUE LES PETITS HOMMES SONT TOUT SIMPLEMENT LES HOMMES DE DEMAIN.

    PAR UNE DE CES AUBES BLANCHISSANTES, CHEMIN FAISANT VERS EL FADJR, L ‘ADULTE S’ EST ARRETé UN INSTANT.

    MON ENFANT QUELle HEURE EST IL?

    JE NE SAIS PAS

    DEPUIS QUAND EST TU AINSI REVEILLE

    JE NE SAIS PAS

    ET C’ EST POUR QUI CETTE FERRAILLE? i

    C’ EST POUR MONSIEUR…….. IL NOUS DONNE……………. LE RESTE C EST POUR LUI…………..OU EST CE QUE TU VAS DEPOSER TOUT CA?

    J’ ATTEND QU IL VIENNE POUR EMBARQUER LE TOUT. IL A UNE MAZDA.

    OUI BIEN SUR, IL A UNE MAZDA. IL VIENDRA SUREMENT APRES AVOIR PRIS SON PETIT DEJEUNER ET APRES AVOIR BIEN DORMI. ALLAHOU AKBAR ALLAHOU AKBAR LE MUEDHIN ANNONCAIT LA PRIERE DE L’AURORE. EN ATTENDANT LE JOUR, EN ATTENDANT UN JOUR MEILLEUR, EN ATTENDANT QUE LA LUMIERE DISSIPE LES TENEBRES, LE PETIT HOMME ET SA ROUE ENSEMBLES, CONTINUERONT LEUR CHEMIN………….LE CHEMIN DU GRINCEMENT ET DES GEMISSEMENTS.

    Maitre: Belfedhal Abderrahmane

    Agrée à la cour suprême et au conseil d’état.

  12. Pour toi Bladi Dit :

    Belfedhal Abderrahmane,Miroir et mirage

    En ce moment crépusculaire, l’appel du muédhin accentué par la sirène municipale se répandait dans le ciel, se rattachant encore aux ultimes lueurs d’un horizon flambant, marquant à la fois la rupture du jeun et la communion avec l’eternel dans l’accomplissement d’El-maghrib

    Un silence plat s’était vite emparé de la ville. les rues comme par enchantement se sont vidées de toute vie.

    Dans les chaumières et dans les demeures, la chaleur et le recueillement redonnaient à chaque organe sa vitalité et sa force originelles. Tel était le constat pour un jour, pour un instant, pour un ftour. Telle était la symbiose au sein des familles et telle était enfin la première accolade avec le mois sacré. Le mois de la piète et de la tolérance.

    Cependant, bien des gens pris au dépourvu à cause d’un déplacement prévu ou insoupçonné auront manqué le rendez-vous. Mais combien sont ceux qui ont perdu même un petit moment de rêve pouvant écarter l’amertume et le désespoir. Marginalisés, ils ont oublié une origine, un gite ou même un nom propre. Pris dans un contre courant leur répertoire est devenu subitement une chose parmi les choses. Ce sont les sans domiciles fixes. Abrèges dans le temps et dans l espace on les appelle s d f-

    D’où viennent –ils ? Comment ont-ils pu échouer ainsi sur une terre d’asile ? Semblables à leurs semblables, ils avaient jadis une identité et une expression.

    Sur un lit de hasard, ils ont tout simplement un numéro. La hiérarchie sociale à leurs yeux se conjugue au passé.

    Peut- être que dans les temps impérissables, ces anonymes avaient bien vécu un moment glorieux ou une réussite éphémère de courte durée ou peut- être qu’ils ont levé bien haut le sacre tinté de vaillance et de bravoure ou peut-être ….ou peut-être, le destin les a réuni pour une longue et sinueuse marche vers l’inconnu. A leurs yeux, en frères jumeaux, le jour et la nuit dans un cycle continu, sont toujours ainsi sans gout et sans référence. Les âmes charitables et les programmes institutionnalises représentent a leurs yeux l’ultime bouée de sauvetage quand tout semble s’écrouler dans la nébuleuse : qu’avec le temps tout s’en va.

    Ailleurs, dans les demeures modestes ou pompeuses, la rupture du jeun est aussitôt annoncée par

    la radio, par la télévision, par le muedhin ou par les cris joyeux des bambins, pour ceux, occupant un lit de hasard, seul le cri gémissant de la sonnette qui en retentissant bousculera leurs reflexes dans chaque instant que dieu fait ,il est omni présent pour indiquer qu’ il ya un temps pour se lever, pour s assoir sur une chaise et voir avec les yeux humides le couvert quotidien trempe dans le soupir le plus profond et il ya aussi ce temps qui annoncera que le lit de hasard est vide, l’occupant dans l’ indifférence est tout simplement parti. En fixant leurs regards furtifs et lointains, en scrutant leurs pas, on sentira alors le poids d’une anecdote pouvant s’arrêter de façon brusque à tout instant tout comme une fleur meurtrie par les coups d’une brise dans une nuit quelconque.

    Une fois le ftour terminé, quelques uns de ces anonymes auront droit à une petite randonnée en ville. Les plus âgés, démunis physiquement, regagneront en douce la place que le destin leur a réservée. L’heure est alors au coucher. La ronde une fois terminée, la sonnette est là pour rappeler à tous les consignes d’un temps présent et d’un autre à venir et c’est là toute l’alternative entre un mirage par le quel on pense avoir vu et vécu les séquences d’une vie partagée entre le bonheur et le désespoir et un miroir qui nous contraint à regarder ce que nous aimons voir et ce que nous souhaiterions ne pas voir du tout. Il’ y a bien un temps pour se lever et agir et un autre pour s’arrêter afin de saisir au vol un reflet mince soit il de l a réalité que nous vivons et que nous subissons. Dans le long corridor des aléas et c’est finalement toute l’alternative dans son grand jeux entre un miroir et un mirage.

    BELFEDHAL Abderrahmane

    AGRÉE À LA COUR SUPREME ET AU CONSEIL D’ETAT.

  13. Pour toi Bladi Dit :

    و أنا في مثل هذا الوضع, لم أنتبه إلى الحاجز الأمني و قد نصب بالقرب من المكان الذي انتهيت إليه نظرت إلى الرجال المسلحين و ابتسمت في وجوههم , أوليس هؤلاء من كبد القرية الهادئة التي أنجبت ذلكم القسم الثلاثي الأبعاد .

    كان الأمان قد حل في اللحظة و الحين .

    فقلت لهم: السلام عليكم

    ردوا جميعا التحية.

    قلت :لا شك أن الموقف يبعث على الفضول .

    قال أحدهم : بصراحة نعم ثم أضاف قائلا : هاراك عارف الظروف الأمنية … قالها مبتسما و لكن من أنت ؟

    قلت: إن وجودي من بينكم, هذه المدرسة.

    قال أحدهم: هل قرأت فيها ؟

    قلت : نعم .

    ثم أضاف : و هل تتذكر بعض الأسماء ؟

    دون تردد رحت أذكر أولائك الذين تعلموا على يد المعلم شاشوا قويدر الحرف و الكلمة و الأسماء و الأشياء و الأوزان و القياسات و أمور أخرى عن الحياة في نمطها الإبتدائي .

    و عند ذكر مطراش علي , قال أحدهم : منزله على أمتار قليلة من مكاننا هذا .

    و عندما ذكرت جانطي عيسى عانقني أحدهم و هو يقول : ذاك أبي …. ذاك أبي …

    و منذ ذلك اليوم الذي تحطم فيه جدار النسيان, تكرر اللقاء بأخي مطراش علي و نطقت من جديد ملامح الناظورة في هيئتها الأولى حينما تصفحت الألبوم الذي يحتفظ بأجمل ما قيدته آلة التصوير خاصة صور التلاميذ و التلميذات .

    في لحظة كان ولابد للتاريخ أن يستريح في ثناياها و كان و لا بد للفجر أن يفك قيود الليل الصرمدي مزفا أولى نفحات قوجيلا .

    خرج العسكر من دون رجعة , و انطلقت طوابير الصبى و الطفولة تحمل على أكتافها معاول الثأر تقرع أوصال ما بقي من الأسطورة . في وجه السيل العارم, عجزت الحصون و الأبواب الخشبية الضخمة عن أن ترد الإنزال البشري الذي

    طال كل ما هو بطبيعته قابل للزوال و الإندثار .

    بحروف من نار و دخان كانت رومية الزمن الغابر تعزف للأوركسترا آخر نغمات العد التنازلي و بمداد من نور كتب الأهالي الأشاوس صفحة أخرى من أيام المجد و الكرامة تسوقها أجنحة الزمن للأجيال المتعاقبة .

    تبين الخيط الأبيض من الخيط الأسود و انتهى كل شيء . خيم السكون و أرخى الليل آخر السدول و إذا بصوت يرتفع بقوة : يا أبنائي كفى …. يا أبنائي كفى …. أو تظنون أن فرنسا ستأخذ معها الأبواب و النوافذ؟

    نزل ذلك الصوت على القلوب فامتلأت سكينة .

    في مسيرة للزمن و الكوكب كانت « الرياشة » تدور للمتعاقبين شاهد عيان على جحافل الظلم و زبانية الأرض المحروقة , و دارت للزمن مبتهجة بالمولود الجديد و قد لفته زغاريد المتحررات في أجمل الألوان بين أخضر و أبيض و أحمر , و دارت للزمن و هو يعانق الأعوام و قد غزاها شيب القدر المحتوم . و دارت و هي تعانق نسائم العليل سخية معطاءة و بعد حين من الزمن نزلت إلى الأرض تسبح بحمد ربها في طريقها إلى دنيا كان يا مكان في سالف الأزمان .

    في عرض متسارع للأحداث و تلك الصور الرائعة التي نقشتها الذاكرة ألمح أبناء يقفون عند عتبة الباب المطل على بيتناpaul , jean, françoise, vivette « ديرانج »

    يتبادلون الأدوار في إعطائنا قطعا من الماء المثلج في شكل مربعات , و في أحايين أخرى كان « القازوز » يحل محل الماء بلهف كنا نمتصه فيزول العطش و ننتعش .

    الفريجيدار في تلك الحقبة من الزمن كان بمثابة الاكتشاف الرائع و المدهش و أعتقد جازما أنه لم يكن حاضرا بخدماته الجليلة إلا في بيت « ديرانج » أو في المستوصف أو في مكاتب الضباط . و إذا كان الكانكي أو ألكربيل يتواصلان مع ضياء القمر في مسيرته نحو الشروق بعد إيقاف المحرك مولد الطاقة الكهربائية , فالبرميل كان هو الخزان و هو الفريجيدار يطارد الظمأ و يسد حاجيات الكانون .

    و يعود القلم مسرعا إلى رحاب الجهد الذي بذل في الجد و الكد .

    ألمح رجلا مهيبا يرتدي زيا رسميا و كل الأنظار مشدودة إليه مما يعطي انطباعا و إحساسا أن الرجل له جاه و سلطان في هرم الدولة الفرنسية على أرض كانت تئن تحت نير الإستدمار. ساحة المدرسة كانت تعيش يوما استثنائيا .

    نهاية السنة الدراسية حطت الرحال .

    ألمح ذلك المسيو و هو يسلم جائزة التفوق إلى أخي خالد . أنظر إلى المشهد الرائع و أسمع من حين لآخر عامة الناس يتهامسون تارة باسم المستراتور و تارة باسم الحاكم و تارة أخرى باسم السوبريفي بل حتى البريفي .

    و كم كانت رائعة تلك الجائزة ، تعكس أجمل و أروع ما أنجزته المطبعة من فن في التصميم و الإخراج و الكتابة و الرسم . فرحا , مبتهجا و مرتعشا , كان أخي يتلقى رائعتي « بينوكيو » و « ايفان هو  » .

    ……

  14. Pour toi Bladi Dit :

    الجزء الثاني

    كان فذا في اداء الواجب, في بيداغوجية هائلة يغذي عقولنا بشكل سلس و انسيابي.

    و الأروع في كل ذلك, مهارته في توصيل الكلمة الى كافة التلاميذ, يختلف بعضهم بعضا في السن و في المستوى و في التأهيل. مدرستي كلها قسم واحد,والقسم الواحد كله مدرستي.

    في احدى الليالي,انطلق الرصاص مدويا في السماء,خارقا جوف الليل و صمته, و في الصباح الباكر, كانت المروحية العسكرية تجوب الأجواء و على اليابسة ناقلات الجند مدعومة بالكلاب المدربة تتقفى الأثر.

    مضى ذلك اليوم ثقيلا … طويلا … ,و كان آخر عهد بمعلمي . تناقلت الأخبار بسرعة البرق و قيل أن للمعلم ضلع في الذي حصل , و الذي حصل ان آخر حلقة في عمر « ديرانج » و زوجته قد انتهت .

    اهتزت أركان الناظورة تمهيدا لنضال طويل شاق.لست أدري ان كان معلمي من بين الأحياء يرزق أم أنه انتقل الى جوار ربه. و ان كنت يا معلمي من أهل الآخرة,فعليك نسائم الرحمة في شهر انزل فيه القرآ ن.

    تخرجت من هذه البقعة الطيبة ثمرة سلكت نهجها في الحياة الدنيا على وقع الأستاذ الجامعي,مدير الابتدائية,مدير الاكمالية,المفتش,الموظف الاداري,الممرض,الطبيب و غيرهم ممن نقش في ذاكرة الأيام و الليالي اسمه و هو يغوص في عمق الزمن,في طريقه الى الأجل المعلوم.تلك هي سنة الله في الأولين و الآخرين.

    ترى أيمكن للزمن و القلم الجوال ملاحقة ما بقي من تناثر في العقد؟ أيمكن للاتصال الوقوف عند عتبة المعلم المغوار و المتعلم؟ أيمكن للأنترنت و ما أوتي من سعة في مجال التغطية ان يعيد مجد مدرسة لا زالت تغوص في بحر الزمن تحمل على أكتافها أحلى و أغلى الذكريات ؟ ان كان الشيب قد غزى المفارغ فان عز الطفولة لا زال محتفضا بالنصيب الأعلى و الأوفر.

    تلكم هي أسئلة و ارهاصات اسوقها للزمن و ربما…و ربما…و ربما .

    و أنا أكتب هذه السطور, فاذا بالوجدان يتخلله ايقاع أغنية شرقية حساسة رهيفة , مطلعها: « جينا الدار جينا الدار نسأل ع الحبائب

    آلقينا الدار تبكي ع اللي غايب »

    مضى وقت منذ وقوع الصدمة التي هزت القرية بأكملها,و في زحمة الظروف و الأجواء المتلاحقة,توقق القطار في ربوع بلدة الماء و الاخضرار.

    أنعمت صباحا يا عين دزاريت .

    أنعمت صباحا أيتها المدرسة الجديدة.

    المعلم فيها لا ينطق الا بلغة أمه.

    فأحسست فعلا أني عن الديار غريب.

    مهلا يا أبناء الناظورة فلنا عودة لان ما أكتبه في هذا السياق عموده الفقري ذكرياتي و أنا طفل صغير أجري في الحقول أربط الخطوات ما بين السوق, و لاصاص,لا سيتي,و الرياشة ……

  15. Pour toi Bladi Dit :

    افتتاحية, بلفضل عبدالرحمـــــــــــــــــــان ,
    صيحة طفولية

    بسم الله الرحمن الرحيم

    من نفحات قوجيلا إلى القلم الجوال ……………………………………….الطاهر بلفضل

    عربون تقدير لأبناء عين دزاريت, الناظورة , ضاية الترفاس و مهدية

    أخي, ابن بلدتي , انه لمن دواعي الفخر إن ارفع قلمي تحت جناح لغة « ض » لغة اشكر ربي أن منها علي و أنا أغادر مدرجات الكلية ضمن أول دفعة للحقوقيين عام َ1975 م التي عرفت آنذاك باسم المرحوم مدغري احمد

    أقيم على شرف الكوكبة حفل كبير احتضنته إحدى كبريات قاعات المطار بوهران,حيث وزع على الضيوف ما لذ و طاب و ارتفعت الزغاريد و امتدت الى ساعة متأخرة من الليل

    بين الحضور امتزج الدمع بالمداد فخرجت إلى الوجود « راح النهار راح والليل جاب أظلامو نواح » رجع بي الحنين إلى أيام قليلة سبقت حفل التخرج إلى أمي حبيبتي و هي تودع الأحلام و اليقظة في طريقها إلى جوار خالق العباد . كان الآلاف قد حضر لتوديعها و كنت من الغائبين

    البرقية تأخرت و كادت تضل طريقها في دواليب الإقامة الجامعية. و على عتبة نفس الحال و المنوال كان قلب أخي « السعيد » يتقطع إربا إربا . هو الآخر كان من الغائبين فارتمت الكلمة بين أحضان العود فكان ثلاثي الهضاب في قمة اللحن و الأداء

    في اليوم الموالي وقفت على قبر أمي , فتيقنت أخيرا أن اليقين هاهنا و قد حل فعلا , هكذا كنت غائبا حاضرا, تقودني ساعات الحفل إلى هناك,إلى الواقع القاسي لينزل بعد حين مستسلما مؤمنا بقضاء الله

    و بالرغم من التسهيلات و الفرص التي وفرتها الجامعة من منح من اجل مواصلة الدراسة بعد التدرج في أقطاب الدنيا, إلا أن فاجعة الموت كانت اكبر من اي طموح , فحل الخريف فوجدني طالبا ضابطا و أستاذا في القانون في رحاب أكاديمية شرشال لمختلف الأسلحة

    كان ذلك ما بين عام 1975 و 1977م

    من ثمرة الكوكبة الحقوقية , كان الوزير,السفير,النائب العام,المستشار,القاضي,المحامي, الصحفي,الأستاذ الجامعي و غيرهم كثير من تقلد المنصب و الوظيفة في هرم الدولة ومنهم من التحق بالرفيق الأعلى

    في اوج الذكريات العطرة تبرز إلى الوجود المدرسة التي عانقت طفولتي الأولى في أبهى

    ديكور طبيعي يتفاعل مع الشروق و الغروب,تترنح بين شموخ قوجيلا و دوران »الرياشة »

    مستبشرة بنسائم العليل

    في مثل هذا العطاء الرباني, طأطأت مدرسة الناضورة أبواب السكون العميق, هي الناضورة, هي سوق الرومية, رومية الزمن الغابر »مادام فروجاس »وأسندت مهمة التربية و التعليم إلى معلمي المغوار « شاشوا قويدر »

  16. Pour toi Bladi Dit :

    Belfedhal Abderrahmane * Le récital des vivants *

    Derrière le rideau …. L’homme enchainé dans sa camisole affrontait les terribles morsures de la bête.

    La bête dressée par ses maitres, jouissait en exécutant son jeu macabre par la manière la plus dramatique. Sans faille aucune.

    Les tomahawks, par la bénédiction de leur seigneur se sont alloués un instant de répit, tandis que les vestiges d’une vieille civilisation courbaient l’échine, saluant la force, la grace et les coups de grâce du puissant libérateur des corps et des esprits.

    Le rideau se lève.

    -Abou-ghrib , bonjour. Te voilà enfin libéré du joug du dictateur. Les sbires du tyran sont aux abois. Ils agonisent.

    – Bonjour, dame liberté, excusez mon attitude fort désemparée, car je ne vous attendais pas de sitôt. N’ayez crainte pour votre temps précieux, je saurais écouter vos paroles.

    – Abou-ghrib , dans mes contes et récits , il est dit que tu incarnes le mal , que tu as toujours manqué de sensibilité . Plus noires que le noir, tes cendres sont parvenues jusqu’aux confins de ma planète. Il est dit que ton maitre t’a préservé le souffle de la vie pour avoir béni les tortures les plus abjectes et les actes les plus ignominieux. Fidel serviteur tu as circonscris dans le silence le plus silencieux, les cris de la désolation et les lamentations des infortunés.

    -Abou-ghrib , les lois et les coutumes alignées en rang ne pourront désormais s’en passer de nos intérêts communs . Elles sont le gage de notre profonde reconnaissance.

    -Abou-ghrib , réconforté , souriait . La terre d’Errachid retenait ici-bas le ton d’un dialogue qui semblait être reconduit depuis l’aube des temps

    – Dame liberté, permettez que je respire du fond de mes appartements, que je chante votre bravoure et votre vaillance pour être venue de si loin porteuse d’espoirs et de meilleurs gages. Vous avez semé le blé, vous avez su préserver la substance , vous avez glorifié le temps , enfin vous avez libéré l’homme de sa propre emprise .

    Ô déesse des vertus, j’en suis comblé. je saurais alors sans faille aucune être votre messager auprès de mes semblables.

    La terre d’ERRACHID , calme , survolait les espaces célestes , tandis qu’une nuit d’encre s’apprêtait a couvrir l’existence , brusquement un éclair gigantesque zebra le ciel de bagdad . Face à ce déploiement et à cette démonstration à sens unique, le grand saignement se produisit. Abou-ghrib horrifié, impuissant, assistait en direct à son déchirement. Les enseignements prodigués se matérialisaient sauvagement dans le fond de la chaire la plus chère, c’est la descente aux enfers.

    O terre des hommes et des bêtes, O barbarie sans nom et sans visage, de grâce faites appel au grand Larousse, demandez le concours du Robert, criez à l’humanité, faites l’aumône à la culture intellectuelle et dites moi seulement si mon sang est bel et bien rouge. Tout au long des récits et des contes, dame liberté bien assise, recevait l’éloge des plumes et des média. L’ihstoire et la camisole, enchainées criaient en silense. Elles ne se débattaient pas. Abou-ghrib dans un ultime effort, titubant, gesticulant et dans un redressement stoïque déguela sa propre sentence. Dame, que vous reste t il donc de séance sans ces boulets de canon, sans ces missiles sans lois et sans frontières ? O esprit libérateur souffrez vous de carence ?

    Dame liberté, telle une larve de feu éjectée par un cratère fou furieux, écumante de rage, annonçait le récital : ohe braves gens ohé braves gens, vous avez senti la douleur et c’est là l’essentiel. Pour atténuer le malique vous avez couvé, nous en avons la médecine, l’abreuvoir et le feu. ohe braves gens, convenez vous- à la réalité dans toute sa réalité, car en ce moment solennel, l’histoire est en train de se forger en lettres d’or…en lettres de feu. Bâtisseurs des conflits, arrangeurs de prétextes, politiciens et critiques à la carte, à vos marque…réjouissez vous.

    Abou-ghrib vous êtes primé au grade de la haute distinction, vous êtes une gloire planétaire. Ne perdez point votre temps, irriguez la sève, entretenez la substance. Les bases de la démocratie illustreront à jamais votre existence. Pour toujours elles accompagneront votre statu.

    Abou-ghrib, regardez sans voir la dame cynique, ressuscitant d’outre tombe l’esprit vivant de Néron.

    Abou-ghrib, surpassant les limites physiques et naturelles, debout, la tète relevée criait le récital des vivants : ici ou ailleurs, l’homme, la bête, ensembles ont compris la leçon de tous les temps elle Vivera tant qu’il ya un loup, tant qu’il y aura un agneau. L’un est fort pour un temps, l’autre est tendre pour toujours. Alliés ou adversaires, ils sillonneront les tranchées de l’histoire. Histoire en raccourci, histoire dramatique ou drame de l’histoire ?le philosophe Hegel soutient que l’histoire est un vaste champ de ruines, pour André Gide, le temps est meilleur juge, et la patience est meilleur maitre. Etre juge, être maitre, le glas est là. Il sonnera. Telle est la loi de l’eternel.

    Dame liberté n’ayez crainte pour vos enseignements tant qu’ils puisent les principes en usant de l’alphabet de l’offense et des cultures canonnières.

    O esprit souffrant de mal, te voilà au rang des seigneurs pour guérir l’humanité..Pour sauver l’humanité. La terre d’ERRACHID survolant les échelles des temps percevait les échos plaintifs des larmes horrifies tout en regardant mais sans voir, tout en écoutant mais sans trop bien comprendre les contours de l’eternel récital. La terre d’ERRACHID, au-delà des signes et des chroniques soufflait sa tirade « la cigale n’enviera jamais la fourmi même si elle est son emprunteuse »

    Derrière le nième rideau : ça bouge, ça bouge, dame liberté sans perdre ni de temps, ni de nerfs, ni de patience avait déjà réglé sa boue-sol, les hommes de l’histoire, les hommes de la politique, les cartographes, les arrangeurs de prétexte, les experts tous azimuths, s’engageront pour la mission ultime en dressant le tableau de bord au nom de la raison d’Etat. L’outil juridique omniprésent n’a jamais été si bien huilé pour faire hurler les bouches de feux.

    Bonjour Abou ghrib… Bonjour Abou ghrib…l’echo se répandait de façon lourde et abstraite. cette fois ci le rideau est bel et bien tombe.

    belfedhal abderrahmane

    avocat à la cour

    agrée à la cour supreme et au conseil d’etat.

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