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Entre 11 heures et 13 heures trente

L’Algérie profonde (Samedi 13 Juin 2009)

 

NOIR ET BLANC

Par : MUSTAPHA MOHAMMEDI

Il ne se passait pas un jour, entre la cloche de 11 heures qui nous libérait de l’école et celle de 13 heures trente qui nous y ramenait, sans que nous n’allions coller nos petites frimousses sur les affiches du cinéma de “Ami Lahcen”, le “Nador” à Trézel.  C’était le début de la couleur à l’écran. Trois grandes maisons se disputaient le marché d’Hollywood : Technicolor, Gévacolor et Estmencolor.

 


Résultat : les images dégoulinaient de jaune ou de rouge selon la pellicule employée.
Seule la Warner Bros et la Goldwin Meyer avaient réussi à sauver les meubles par le choix judicieux d’un process parfaitement maîtrisé. Même si Sacha Guitry leur donnait du rêve pendant trois semaines à raison de deux heures par épisode, avec sa fameuse fresque “Si Versailles m’était conté”, les pieds-noirs  resteront imperturbablement rivés au noir et blanc. C’était l’époque ou Raimu faisait un tabac au théâtre à paris, l’époque de la trilogie de Pagnol et son inégalable Marius, c’était enfin  l’époque où des acteurs, italiens, inconnus alors, faisaient pleurer tous les Européens du village, entre autres Antonela Lualdi et Amadeo Nazzari dans Le fils de personne. Dans ce sanctuaire du spectacle où la magie opérait à chaque séance, le rituel était toujours le même. Le dimanche, jour de repos, la première matinée était réservée aux enfants et la seconde, à partir de 16h30, aux adultes. On a eu droit à toute la série des Zorros, à la conquête de l’Ouest, au massacre des Indiens, aux charges de la cavalerie Yankée, on a eu droit à tous les abordages de la flibuste au large de l’île de la Tortue et, bien sûr, à l’incontournable Tarzan avec et sans Jane, avec et sans liane, avec et sans Johnny Westmûller.
Nous vivons si fort l’aventure de nos héros que nous avons fini par les mimer dans nos jeux.
Pour le personnage de Zorro, on se couvrait d’un morceau de drap même blanc et nous nous armions de bouts de lanière chipés chez le bourrelier pour les duels de la cour des épées en plastique monnayés contre des cerceaux ou des noyaux d’abricot nous donnaient l’impression d’être à la fois prince de Raubricourt et comte de Maragna.
Pour Tarzan, c’est une autre paire de manches : la seule fois où nous avons essayé de sauter de branche en branche, nous avons raté la liane et piqué le nez dans le ruisseau. Avec nos plâtres, un peu partout sur le corps, on ressemblait à des petites de Frankenstein, rôle qui ne nous a jamais inspiré.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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