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Les Zaouias, piliers du patriotisme et de la religion

2 mars 2009

RELIGION

Les Zaouias, piliers du patriotisme et de la religion

Dimanche 1 Mars 2009 16h32mn 58s


Ecoles par excellence du Coran, des sciences religieuses et d’initiation au Tassawuf, les Zaouïas algériennes ont dû, au cours de la longue histoire de notre pays, s’impliquer dans la défense et l’expansion de l’islam ainsi que dans le combat pour la libération et l’indépendance de l’Algérie.



Un des traits le plus frappant de notre histoire est que notre pays a connu au cours des quatre derniers siècles plusieurs tentatives d’occupation et d’évangélisation par des pays européens. Je pourrais étendre la liste des tentatives d’évangélisation des populations algériennes par les nations colonisatrices, mais on ne me tiendrait pas rigueur que je n’en nomme que celles de François d’Assises en 1221, de Raymond Lulle en 1233, des Capucins, de Matteo Baschi vers 1575, des Récollets vers 1600. C’est grâce à l’action vigilante des souverains almohades et surtout des Zianides de Tlemcen, et plus tard des Beys, que les efforts de ces évangélistes n’ont abouti à rien.

L’échec de leurs projets fut tel qu’il n’y eut quasiment plus d’œuvres missionnaires en Algérie durant plus de deux siècles. C’est aux environs de 1850 et quelques années après que l’Algérie fut tombée entre les mains des Français, que les formations missionnaires réapparaîtront en Algérie.

Ce fut alors ce qu’on a appelé «la Grande aventure» avec le prêtre Francis Libermann, un juif converti au christianisme, et l’archevêque d’Alger Lavigerie qui fonda en 1868 «Les Pères blancs». A ce moment-là, la situation de l’Algérie était grave. L’Emir Abdelkader venait de déposer les armes après dix-sept années de résistance héroïque. La défaite du Sultan du Maroc à Isly en 1844 accentua notre désastre.

C’était un temps de malheur, un de ces temps funestes que nous n’avions jamais connus auparavant. Montesquieu disait: «C’est le droit des gens qui fait que la victoire laisse aux peuples vaincus ces grandes choses, la liberté, les lois, les biens et toujours la religion». Lorsque nous fûmes occupés en 1830, rien de tout cela ne nous fut épargné. La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen proclamée en France, quarante ans auparavant était foulée aux pieds par la Monarchie de juillet.

Sur la scène internationale de cette époque, une nation colonisatrice, comme la France, n’avait rien à craindre ni des Etats européens ni de l’Empire Ottoman. Sa puissance militaire était telle qu’elle pouvait, en toute impunité, commettre les pires excès. Le danger était grand et imminent de voir s’unir à la conquête temporelle, la conquête spirituelle de notre pays. On se souvient que dès que les soldats français foulèrent le sol algérien, nombre d’entre eux mirent l’épée dans les reins de nos aïeux, les forçant ainsi à abjurer la foi islamique. Ce fut peine perdue.

Assurément, les Zaouïas marocaines dont les plus importantes existaient déjà dès le XIIe siècle ont beaucoup contribué à la fondation des Zaouïas algériennes, lesquelles, exception faite de la Kadiriya de Sidi Abdelkader Al-Jilani, n’ont apparu que vers la fin du XVIIe siècle et le début du XVIIIe siècle. Les débuts de la colonisation française correspondent à la période de la création de nos Zaouïas. Tandis que l’armée de Bugeaud achevait ses conquêtes et que les ecclésiastiques tonnaient en chaire contre l’Islam. Quelques Algériens, profondément croyants et patriotes, surgirent de partout et s’attelèrent à cette grande tâche de semer des Zaouïas à travers le pays. Les premières Zaouïas algériennes ressemblaient à s’y méprendre aux Ribats que Sidi Abdellah ibn Yacine avait fondés, dans l’extrême Sud algérien et qui avaient servi à la formation de Youcef Ibn Tachfine, le fondateur de l’empire almoravide.

Il n’est pas inutile de rappeler que c’est en souvenir des Ribats almoravides, où l’on apprenait les rudiments de la religion et le maniement des armes, qu’on a formé le nom de M’rabet, c’est-à-dire le gardien d’un Ribat et que les Français désignent sous le nom incorrect et péjoratif de marabout.

Dans l’esprit des chefs des confréries religieuses, la défense de l’Islam n’était d’ailleurs qu’un aspect de celui qu’ils se proposaient d’entreprendre sur un plan plus vaste qui était celui de libérer le pays de ses envahisseurs.

Retraçons aussi brièvement que possible l’histoire de quelques unes de ces Zaouïas qui se sont remarquablement illustrées dans cette triple tâche : La Défense et l’expansion de l’Islam puis le combat pour la libération et l’indépendance de l’Algérie.

De la fin du XIVe siècle au début du XVe, une célèbre confrérie fit son apparition en Algérie: c’est celle de la Kadiriya. C’est Sidi Mahieddine Abou Mohammed Abdelkader El-Ghilani (1079-1166) qui donna naissance à la confrérie Kadiriya qui porte son nom. Les Kadiriyines se fixèrent à Mascara et à Tlemcen vers 1466 après la reconquête de l’Espagne par les Chrétiens.

Il est utile de rappeler que ce fut l’Imam Sidi El Mami qui réussit à faire obtenir à Sidi Mahieddine, le père de l’Emir Abdelkader, le poste de gouverneur de Tlemcen. Sidi El Mami est le trisaïeul de la mère de l’auteur de ces lignes. L’ordre des Kadiriya donna naissance à la Zaouïa de Sidi Mahieddine le père de l’Emir Abdelkader, celle de cheikh d’Oued El Kheir dans la wilaya de Mostagenem et à plusieurs autres Zaouïas implantées dans différents lieux de notre pays dont notamment celle des Aîssaoua qui fut fondée par Sidi Mohamed Ben Aîssa né en 1523 à Meknès ainsi que celle dite Essanousiya du cheikh Bentekouk.

Fondateur de l’ordre religieux El Madaniya qui porte son nom, Sidi Abû Médien Choaïb (1126-m-1198) eut pour disciple préféré le chérif Idrisside Sidi Abd es-Salem Ben Machich né en 1228 aux abords immédiats du djebel Alem situé prés de Tetouan. Sidi Abd es-Salem Ben Machich eut pour élève un autre chérif idrisside: Al Hassan El Ghomari surnommé Ech-chadely auquel il enseigna la doctrine soufie de son maître Sidi Abu Médien Choaîb.

Dans beaucoup de nos Zaouïas, on récite souvent les Salawat de Sidi Abd-es-Salam Ben Machik qui constituent un merveilleux poème à la gloire de Sidna Mohammed (Que la Paix et la Bénédiction divines soient sur lui). Les premières Zaouïas implantées en Algérie furent de véritables ribats dont l’une des principales missions était de repousser les tentatives d’évangélisation des populations algériennes.

C’est sous la férule de la Zaouïa de la Tarika Kadiriya de Mascara que l’Emir Abdelkader engagea la lutte contre l’envahisseur français. La Zaouïa El Kadiriya de Mascara a poussé à l’extrême sa mission. Son action s’exerçait dans tous les domaines: enseignement de la religion, psalmodie en commun du Coran, accomplissement de la prière, initiation à l’art de la guerre, recrutement des combattants, résistance à l’occupant… etc.

Il faut préciser également que l’Emir Abdelkader avait reçu la «Kherka soufia akbarriya» d’Ibn El Arabi. Il était donc rattaché par son grand-père El Hadj Mustapha et son père El hadj Mahieddine à la chaîne (Silsila) Akbarienne. Un grand nombre de cheikhs prestigieux de zaouïas des Tarika Chadliya et Khalouatia levèrent l’étendard de la révolte.

Rachid Benblal Avocat & Historien

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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2 Réponses à “Les Zaouias, piliers du patriotisme et de la religion”

  1. bengrit Dit :

    cher Rachid
    de la part d’un compagnon du colège des orangers de Rabat
    Merci beaucoup pour toutes ces précisions qui j’en suis sur serviront la soif de connaissance de notre histoire par nous et nos enfants

  2. appliance repair Costa Mesa Dit :

    Son plaisir de comprendre votre blog. Les articles ci-dessus est assez extraordinaire , et j’ai vraiment apprecie la lecture de votre blog et des points que vous avez exprime . J’aime vraiment a apparaitre en arriere sur une base classique, apres beaucoup plus dans le sujet. Merci pour le partage … continuez a ecrire !

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