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Haouache A

31 juillet 2008

PERSONNALITES DU BLED

Abderrahmane HOUACHE est né présumé en 1928 à Tagherdayt (Ghardaia) et il a grandi à Sougueur où son père était commerçant. C’est à l’école française de cette ville qu’il entamera ses études et qu’il décrochera son Certificat d’Etudes Primaires avant de regagner sa ville natale.Il poursuivra son enseignement à l’école française où il obtiendra, pour la 2ème fois, le Certificat d’Etudes Primaires consacré aux indigènes. En parallèle, il est inscrit dans l’école libre « El-Islah ». 


 

Notre langue résiste

Notre langue maternelle résiste face à un environnement culturel hostileEntretien avec Abderrahmane HouacheAbderrahmane HOUACHE est né présumé en 1928 à Tagherdayt (Ghardaia) et il a grandi à Sougueur où son père était commerçant. C’est à l’école française de cette ville qu’il entamera ses études et qu’il décrochera son Certificat d’Etudes Primaires avant de regagner sa ville natale.Il poursuivra son enseignement à l’école française où il obtiendra, pour la 2ème fois, le Certificat d’Etudes Primaires consacré aux indigènes. En parallèle, il est inscrit dans l’école libre « El-Islah ».

Son père prend la décision de l’orienter vers l’institut « El-Hayat » de Guerrara (Wilaya de Ghardaïa) pour suivre des études en théologie. Durant une année et demie, il apprendra à réciter le Coran et il rejoindra, par la suite, le cercle de « Irwan ».

Trois ans après, en 1948, il entamera sa vie professionnelle dans le commerce à Tihert (Tiaret) où il sera élu, en dépit de son jeune âge, comme président des commerçants Mozabites exerçant à Tiaret.

En 1979, il est nommé directeur de l’institut « El-Islah » (progressiste) de Ghardaïa. Poste qu’il occupera pendant 20 ans, réussissant à améliorer et les conditions d’enseignement et le niveau des élèves.

Au début des années 1980, il est désigné membre du conseil des « آazzaba » (taâezzabt) pour une durée de 15 ans.
Par la suite, il décide de mettre fin à ses activités dans ledit conseil aussi bien que dans l’institut « El-Islah », pour se consacrer pleinement aux travaux de recherche sur la langue et l’histoire amazighes.

A l’âge de 78 ans, Abderrahmane Houache est encore très dynamique. C’est un homme nourri d’une conscience aussi bien culturelle que cultuelle.

Racines : A partir de quand avez-vous commencé vos travaux de recherche en faveur de la langue et cultures amazighe ?

Abderrahmane HOUACHE : C’est à partir de 1977 quand j’étais commerçant à Tihert. C’était suite au sentiment que la langue amazighe commençait à se dégrader, voire à décliner, parce que beaucoup de locuteurs ne lui avaient pas donné sa véritable place, ni compris sa vraie valeur et son impact sur notre existence. Etant bon croyant, je suis toujours convaincu de la même manière que Dieu a créé les hommes différents, il a créé et diversifié les langues auxquelles l’humanité toute entière doit sa richesse et son génie.

Dans quelles conditions aviez-vous mené vos recherches sachant que tamazight était officiellement interdite dans les années 1970 et 1980 ?

C’était tout d’abord grâce à Dieu. Du moment que ma conscience était tranquille, mon action constructive et mon apport civilisateur, je n’avais eu ni des comptes à rendre, ni à avoir peur de quoi que ce soit.

Etant l’un des pionniers de l’introduction de l’enseignement de tamazight à Tagherdayt, comment évaluez-vous cette expérience aujourd’hui ?

L’introduction de l’enseignement de tamazight avait été opérée vers le début des années 1990 au sein de l’institut « El-Islah » où nous avions introduit la matière langue et littérature mozabites dans le cadre général de l’enseignement qui reste jusqu’à présent assuré par Abdelouahab Fekhar, avec un volume horaire de 3 heures par semaine et par classe, à savoir la 7ème et la 8ème année. Ce qui nous a facilité le travail, c’est que cet institut était libre. Mais il ne faut pas penser que le terrain était si facile. Nous avons rencontré des situations plus qu’épineuses, on nous mis des bâtons dans les roues et on a essayé de nous coller des étiquettes pour empêcher l’enseignement de notre langue maternelle. Toute une masse de ces responsables, à l’esprit obtus, croyait que l’enseignement de tamazight ne pouvait se faire qu’au détriment de la langue arabe.

Je crois qu’à présent 2 ou 3 heures par semaine, et seulement pour la 7ème et la 8ème année, sont très insuffisantes. Un tel volume horaire ne peut même pas créer chez l’élève un stimulant ou une impulsion.

Quel constat faites-vous de l’évolution de la situation de tamazight au Mzab, depuis les années 1970 ?

En vérité, nous pouvons constater tout un changement dans les mentalités et les comportements. Contrairement aux années 1970, les gens accordent à présent une importance à cette langue. Avant, il y avait même ceux qui ne supportaient point une quelconque présence de tamazight dans les différentes manifestations culturelles, mais par contre ces dernières années c’est le public qui insiste à ce que les activités sociales et culturelles soient exprimées dans sa langue maternelle. Aujourd’hui, il y a même quelques jeunes universitaires originaires de la région du Mzab qui ont décroché des diplômes supérieurs de langue et cultures amazighe, et j’en suis très fier. C’est le fruit de tous ceux qui se sont battus pour que nous arrivions actuellement à ce stade. Mais cela ne veut pas dire que la mission est accomplie. En voyant ce qu’ont réalisé nos frères kabyles et marocains, nous avons la conviction que le chemin est long pour sauver de la disparition une grande partie de notre raison d’être sociale, à savoir la langue et cultures amazighe du Mzab.

Chaque variante amazighe a son (ou ses) trait(s) particulier(s). Par exemple, le kabyle se caractérise par un vocabulaire abondant portant sur la faune et la flore, le touareg par un riche vocabulaire propre à l’astronomie. Quel est principalement celui du Mzab ?

Tout particulièrement, l’Amazigh du Mzab est caractérisé par un vocabulaire relatif au métier à tisser qui peut ne pas exister en aucune autre langue. En effet, j’ai essayé de traduire plus de 600 termes d’origine du Mzab se rapportant au métier à tisser, mais j’ai constaté qu’il n’est pas possible de les traduire tous. Je suis seulement parvenu à traduire mot à mot une centaine en arabe et environ 250 en langues latines. Une bonne partie d’entre eux a été traduite par des périphrases et des détours pouvant aller jusqu’à quelques lignes.

Il y a aussi chez nous un riche vocabulaire propre au palmier et à l’exhaure, et cela dans des détails bien minutieux. Ce vocabulaire, d’après mes connaissances, ne peut plausiblement exister ailleurs, comme il peut former une grande source lexicale qui peut donner naissance à beaucoup de néologismes. C’est tout un domaine vital qui reflète la richesse de notre langue et toute une existence sociale-culturelle multi millénaire.

Pourriez-vous nous parler de vos travaux de recherche ?

Mes travaux sont diversifiés. J’ai réalisé dans un style encyclopédique en collaboration avec les chercheurs Ahmed Nouh Mefnoun et Brahim Abdesselam, un dictionnaire de tumzabt (mozabite) comportant quelques 500 pages qui couvrent tous les mots commençant par l’une des onze premières lettres de l’alphabet. Ce qui représente en gros le tiers de notre langue amazighe du Mzab. J’espère seulement que, dans un proche futur, d’autres chercheurs arriveront à mener ce projet encyclopédique à terme.

J’ai aussi recueilli plus de 2500 adages, sentences, dictons, etc. du Mzab. La plupart de ces expressions a déjà disparu de l’usage. Il y a en outre un travail que j’ai entamé depuis 16 ans, mais il est actuellement à l’arrêt. Il s’agit d’une bibliographie des At Mzab (Mozabites) et les Ibadhites. Cette bibliographie est réalisée en puisant des références étrangères que j’ai obtenues en Algérie et en France. A ce jour, cette bibliographie que j’ai toujours mise à la disposition des chercheurs et des universitaires, compte autour de 8000 titres.

En outre et depuis 2002, j’anime une émission intitulée « Iles nnegh » d’une demi-heure, 2 fois par semaine à la radio locale de Ghardaia et ce, suivant la grille d’été qui dure de juin jusqu’à octobre de chaque année. Il s’agit d’un travail lexicographique et de vulgarisation lexicale destiné aussi bien aux jeunes qu’à l’ancienne génération. Cette émission a pour objectifs la correction, l’enrichissement et la sauvegarde du patrimoine linguistique amazighe du M’Zab.

A présent, j’envisage de consacrer un volume horaire d’un quart d’heure, 2 fois par semaine à la chaîne 2, à partir du mois juin prochain, et ce, pour animer une émission se rapportant à la correction des unités lexicales de notre langue amazighe du M’Zab.

Vous avez recueilli beaucoup de termes et locutions portant sur le métier à tisser. Est-ce que vous envisagez à publier ce travail ?

Mon travail sur le tissage est le plus important par rapport à notre entité. Il est aujourd’hui entre les mains d’un collectif de jeunes bénévoles de Bergan (Berriane), pour le préparer à l’édition.

En réalité, je n’ai pas suffisamment de temps pour le parfaire, puisque je suis très pris par les mille et une vicissitudes de la vie.

On sait que le Conseil de la langue tumzabt a fonctionné pendant de longues années. Où en-est-il aujourd’hui ? Quels sont les projets réalisés et les résultats concrets qu’il a obtenus ?

Conseil de la langue tumzabt ! C’est trop dire. Nous étions seulement 3 à 4 personnes. Nous nous sommes 

engagés à travailler pour éviter à la préserver de sa totale déchéance et ce, d’une façon tout à fait bénévole aussi bien qu’infructueuse, je le pense. En bref, on peut bien dire que les résultats sont très concrets comme l’on peut estimer que ceux-ci sont presque nuls.En effet, notre rôle, au premier abord, était de déterrer et ressusciter tout ce qui se trouvait encore enfoui dans la mémoire collective de l’ancienne génération, car comme l’on dit : « l’extinction d’une vieille personne est une bibliothèque qui brûle ».Que pensez-vous de l’hypothèse selon laquelle tamazight découle de l’arabe ?

La langue tamazight forme depuis la nuit des temps une langue autonome. Elle est scientifiquement définie par rapport à une structure grammaticale et une ossature lexicale autonomes, c’est-à-dire elle ne dépend d’aucune autre langue. Elle est aujourd’hui la langue maternelle de quelques dizaines de millions de citoyens appartenant à des communautés de différents pays. Ce serait donc un leurre d’essayer de dire qu’elle découle de telle ou telle langue. Quant au phénomène de variétés, ceci découle d’un processus évolutif multimillénaire ayant marqué aussi bien l’aspect linguistique que socioculturelle des pays Nord-africains. En évoquant le phénomène de diversification des variétés linguistiques, je puis attirer l’attention que cela peut servir de base pour remonter le temps afin de dégager les formes diachroniquement antérieures.

En raison du fait que la langue amazighe est très ancienne et que sa présence continue en Afrique du Nord remonte à des périodes préhistoriques, l’amazighe recèle grand nombre de mots que l’on rencontre dans d’autres langues comme le grec et l’anglais. Je suis parvenu à conclure que 90% des mots anglais sont morphologiquement et sémantiquement en concordance avec l’amazighe. Cela ne peut être considéré comme un pur hasard. Les énigmes linguistiques de ce genre sont appelées à être résolues avec le développement des sciences. Quant à moi, je suis convaincu que Dieu, avec la création de l’homme et suivant les besoins de cette création, avait créé une langue mère qu’avait apprise le premier homme de toute l’humanité. Peut-on parler ici de l’existence d’un gène linguistique responsable de cet héritage linguistique de toute l’humanité ? Je pense que de très anciens traits linguistiques amazighes nous permet de dire que cette langue mère de l’humanité peut être proche de la langue amazighe. Je suis prêt à mettre à la disposition de tout chercheur travaillant sur les questions diachroniques les comparaisons et les conclusions auxquelles je suis parvenu afin d’approfondir davantage ces parallélismes lexicaux.

Quels sont, d’après votre expérience, les moyens les plus efficaces à mettre en œuvre pour la promotion de la langue amazighe au Mzab ?

L’un des moyens les plus efficaces qui peuvent avoir un impact rapide sur la société est la poésie et les chants rythmés (chorales) ainsi que les pièces théâtrales (sketchs), et cela dans un mozabite sans néologismes. Je crois qu’une telle orientation peut permettre à notre jeune génération de se familiariser avec son « idiome » afin d’apprécier le vrai langage qu’employaient ses ascendants sans équivoques ni lacunes.

Bien évidemment, le meilleur moyen de pénétrer dans les foyers, c’est à travers les médias, en l’occurrence la radio locale qui a commencé à émettre en Mozabite, il y a seulement cinq ans environ. Elle est très suivie quand elle diffuse dans notre langue maternelle et traite de notre culture populaire. Malheureusement, le programme horaire est actuellement très restreint, seulement 2 à 3 heures en langue mozabite sur un total de 56 heures diffusées hebdomadairement.

Avez-vous rencontré feu Mouloud Mammeri ?

Ma rencontre avec feu Mouloud Mammeri date de quelques mois avant sa disparition. Je lui ai rendu visite dans le Centre de Recherches Anthropologiques, Préhistoriques et Ethnographiques à Alger. Je l’ai trouvé très dynamique et j’ai passé avec lui près d’une heure. Nous avons parlé de son lexique Amawal que j’avais étudié auparavant. J’ai bien essayé d’attirer son attention sur le fait que ce lexique contenait une matière qui devait être révisée, comme par exemple l’emploi de certains mots amazighes sans garder leurs sens sémantiques habituellement employés dans l’état synchronique et le recours aux mots extra amazighes en dépit d’existence de mots ayant les mêmes sens dans certains parlers. Je lui ai annoncé que je le reverrais une autre fois pour lui communiquer mes remarques, en vue d’une révision. Il m’avait répondu que le lexique Amawal, malgré les erreurs qu’il contient, était primordialement élaboré dans le but de combler un immense vide lexical. C’était malheureusement la première et la dernière rencontre que j’ai eu avec lui, puisqu’il décédait quelques mois après. Sa personnalité profonde et cette unique rencontre ont laissé en moi une trace indélébile.

A part tamazight, avez-vous d’autres centres d’intérêt ?
Il fût une période où je me suis intéressé à l’astronomie et ce, dans le but de raviver ma foi en Dieu, le créateur des cieux et des astres.

J’ai même fondé et dirigé au sein de l’institut El Islah un club d’astronomie qui a fait d’énormes progrès.

Vous êtes aussi un grand collectionneur de photos anciennes. Est-ce par amour ou un loisir ?

C’est vrai, je suis un passionné de photos, notamment les plus anciennes. J’en ai qui remontent jusqu’à 1870. Je les ai exposées à maintes reprises. La dernière fois, c’était dans une grande salle que les Pères blancs, auxquels j’exprime, à l’occasion, toute ma gratitude, ont mis à ma disposition.

Je me suis intéressé à la collection des cartes postales anciennes (de 1890 à 1950) qui relatent l’évolution et la croissance de mes deux régions, en l’occurrence, la région de Tiaret et celle du Mzab. Je possède quelques 1200 cartes postales anciennes et rarissimes.

Comment vivez-vous votre langue maternelle au quotidien ?

Je ne suis pas un phénomène ; je ne sors pas de l’ordinaire. Je parle tamazight comme le font mes contemporains, mais différemment de la façon dont je l’écris, et cela dépend aussi de mon interlocuteur.

Je ne la pratique pas de façon altérée comme le font beaucoup de jeunes. Car ces derniers par l’amalgame de leur culture, ni autochtone, ni orientale, ni occidentale, parlent plutôt un charabia sans aucune notion de grammaire et, surtout, sans style. C’est vraiment dommage !

Etes-vous satisfait de ce que vous avez réalisé ?

Je suis relativement satisfait, car j’espérais davantage de résultats. Je ne désespère pas pour autant, car il y a quand même, aujourd’hui, une nette prise de conscience chez les jeunes des deux sexes. Par contre, ce que j’aimerais voir et vivre, c’est la prise de conscience totale de nos jeunes, de l’ensemble de Tamazgha pour la sauvegarde et la promotion de leur langue.

Quel est le rapport qui doit exister, selon vous, entre les trois langues pratiquées en Algérie, tamazight, l’arabe et le français ?

Un rapport de bon voisinage, de respect mutuel et de civilité entre les utilisateurs de ces langues doit se développer dans l’Algérie d’aujourd’hui et de demain en partant du principe que les langues comme les hommes naissent et vivent libres. C’est un droit universel.

Pour conclure, votre message à la génération montante ?

Le seul conseil de sage que je lui prodigue, c’est de faire en sorte que leur langue maternelle résiste face aux aléas et vicissitudes du temps et à un environnement culturel de plus en plus hostile. Avec la préservation de leur langue et surtout sa promotion, ils éviteront, d’une façon inéluctable le risque de perdre leur identité en tant qu’Algériens.
Quant à l’anglais, le français et l’arabe, que chacun leur accorde la même importance. Mais que chacun veille pratiquer sa langue maternelle d’une façon inaltérée et correcte comme le font nos grands-mères et arrière-grands-parents. Il faut mettre fin à ce drame qui fait qu’une vieille personne qui s’éteint soit une bibliothèque qui brûle. Tanemmirt tameqqrant !

Entretien réalisé par Hammou Dabouz in Racines-Izuran, Samedi 24 Juin 2006.

racines-izuran.com/index.php?actionfiltered=rubrique&id_rubrique=2861

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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